David Ashkénazi, l’enfant qui a manqué de temps

Le fils du Rav Manitou est décédé dimanche 13 janvier. Retour sur la vie d’un homme au parcours fort différent de celui de son père.

1601JFR29 521 (photo credit: Revital Ben Shmouel)
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(photo credit: Revital Ben Shmouel)

David Ashkénazi, fils du rabbin Manitou, LéonYehouda Ashkénazi, a vu le jour en 1949. Manitou lui donne le nom de son proprepère, David. David naît donc en France et fera son alyah 20 ans plus tard, en1969. Cet ingénieur informaticien au sein de la compagnie Intel s’illustre pourêtre un travailleur forcené.

Pendant de nombreuses années, il n’étudie pas la Torah autant qu’il lesouhaiterait. Il commence à s’intéresser de plus près à la pensée de Manitouassez tardivement.

Et entreprend alors des études talmudiques aux côtés de Haim Rottenberg, élèvede son père, et du rabbin Elyakim Simsovic. Depuis toujours, David avait leprojet de se plonger plus intensément dans les études bibliques et de mieuxconnaître l’héritage de ce rav paternel.

Parmi les enfants de David et sa femme Yaël, un fils, Itaï, a un parcoursatypique. Ce petit-fils de Manitou part d’abord en Inde où il se retire dans unmonastère bouddhiste. Là-bas, il rencontre des sages qui l’interrogent sur saprésence, à lui qui a déjà toutes les réponses aux questions qu’il se pose dansson pays. Itaï revient donc en Israël et se met à étudier la pensée de Manitouet son approche du judaïsme.

Il travaille ensuite pour la fondation Manitou et contribue à étoffer lapublication des cours de son grand-père dont la pensée n’était alors diffuséequ’à l’oral. Le centre Yair Manitou s’est donc chargé de retranscrire lesleçons du rav et de les publier.

David Ashkénazi s’implique lui aussi beaucoup dans ce centre où il tient àperpétuer la tradition des cours oraux comme le faisait son père.

Aujourd’hui, grâce au soutien de David et d’Itaï, le centre Yair Manitoucontinue de propager cet esprit dans un programme appelé « Redevenir Hébreu »,miroir de la tradition de Manitou.

Le Rav Manitou, ce visionnaire 

Né à Oran en 1922, Manitou arrive en Israël en1968, juste après la guerre des Six Jours. Il est aujourd’hui considéré commeun des maîtres spirituels du 20e siècle.

La pensée du rabbin Ashkénazi peut être décrite comme historique etexistentielle dans sa recherche de l’identité d’Israël. Léon Yehouda Ashkénazia voulu donner une nouvelle définition au judaïsme.

Il a d’abord cherché à connaître parfaitement l’histoire du peuple juif àtravers la Torah. Sa préoccupation a ensuite été de définir clairementl’identité juive et hébraïque. Pour lui, l’identité hébraïque découle de lacontinuité de l’identité juive.

Selon Manitou, il faut redéfinir l’identité hébraïque à travers l’histoire etles textes bibliques. Un processus qu’il appelle la « théorie de l’engendrement». Sa première question est celle de la nature de la Torah et de sonhistoricité.

Le rabbin Ashkénazi est décédé il y a plus de 15 ans, mais son enseignementcontinue d’être diffusé et transcrit à l’écrit pour les générations futures. Sapensée est majoritairement connue et étudiée par les Français et les Israéliensfrancophones.