Des racines modestes

Anciennement couverte de vergers et de vignes, aujourd’hui Rishon Letsion a incorporé le terrain de la base militaire de Tzrifin pour loger sa population croissante.

East Rishon Lezion 521 (photo credit: Courtesy Rishon Lezion Municipality)
East Rishon Lezion 521
(photo credit: Courtesy Rishon Lezion Municipality)
Rishon Letsion est la 4e plus grande ville d’Israël après Jérusalem, Tel-Avivet Haïfa. Sa population compte aujourd’hui quelque 250 000 personnes. Pourtant,ses à ses débuts, elle n’était qu’une bourgade modeste.

Tout comme Petah Tikva, Rehovot et Hadera, elle trouve son origine dans lescolonies agricoles établies de la Palestine alors sous mandat turc. Petah Tikvaétant pionnière, Rishon sera la seconde.

Rishon Letsion, ou « la première à Sion », voit le jour en 1882, fondée par dixpionniers juifs originaires de Kharkov, en Ukraine, alors partie intégrante del’Empire russe. Ils achètent 338 hectares de terre, au sud-est de l’actuelleTel- Aviv, qui appartenaient à un village arabe du nom d’Ayoun Kara. Ayoun Karaa été la scène d’une bataille sanglante entre les Turcs et le régimentnéo-zélandais de l’armée britannique, le 14 novembre 1917. Un cénotaphe depierre sera ainsi érigé par les habitants de Rishon en souvenir desNéo-Zélandais tombés ce jour, mais il est aujourd’hui détruit.

Ses fondateurs, qui n’étaient pas habitués au travail agricole, vont rencontrerde nombreuses difficultés. Le sol était sablonneux, l’eau insuffisante et ilsmanquaient d’expérience.

C’est le baron Edmond de Rothschild qui décidera de prendre sous son aile lesimplantations agricoles, en envoyant des administrateurs expérimentés, quiconseillent aux habitants de planter des citronniers et des vignes. Ilsjoueront un rôle clé dans l’établissement des vignobles du Carmel, les premiersdu genre en Palestine.

La ville moderne n’a pas conservé grand-chose de son histoire. Aujourd’hui,tous ses vergers de citronniers et ses vignes ont été reconvertis en zones delogement.

Certes, la municipalité a préservé et restauré ses bâtiments historiques, commel’ancienne vinerie et le parc, symboles d’une gloire passée, mais la citéactuelle n’a rien de commun avec le village agricole d’antan.

Quand l’est s’aligne sur l’ouest

Rishon obtient le statut de ville en 1950,alors forte d’une population de 10 000 personnes. Elle est localisée dans lapartie sud de la région de Dan, avec Ness Ziona au sud, Holon et Bat Yam aunord, la grande base militaire de Tzrifin à l’est et la mer Méditerranée àl’ouest.

Depuis les années 1970, Rishon connaît un développement fulgurant. De nombreuxprojets de construction voient le jour avec l’arrivée du maire Meir Nitzan, éluen 1983. Et de nouveaux quartiers sortent de terre. Dans les années 1980,l’augmentation de la population était 2,5 fois supérieure à la moyennenationale. En 2020, on prévoit 315 000 habitants.

Géographiquement, Rishon peut être divisé en quatre zones : la vieille ville,située dans ce qui était alors la zone résidentielle au 19e siècle ; l’est enconstruction ; l’ancienne zone industrielle du nord ; et l’ouest de la ville.Un autre secteur industriel existe au sud de la cité, près du Gan Sorek.

La vieille ville, située au coeur de l’actuelle cité, comprend des bâtimentsdatant de sa fondation en 1881. Elle se trouve entre et autour des rues Herzlet Jabotinsky. Les zones industrielles ne sont plus si industrielles. Ellesconstituaient auparavant des points de chute pour de petites industries.

Aujourd’hui, on y trouve des édifices commerciaux ou centres de loisirs quigénèrent une vibrante vie nocturne, et des bureaux.

Les nouveaux quartiers, ceux construits dans les années 1980 et 1990, seconcentrent dans la partie ouest de la ville. Plus près de la mer, la zone estplus chère. A l’est, au contraire, le secteur est connu pour êtrehistoriquement un des moins aisés. Des familles à revenus moyens et bas yvivent. Mais dans cette ville en expansion, tout est en cours de changement àvitesse grand V, car de nouveaux terrains de construction sont désormaisdisponibles.

L’immense base militaire de Tzrifin s’est déplacée au sud et des développeurssont déjà en lice pour obtenir les terres, dans ce qui est sur le point dedevenir un grand quartier d’habitations de qualité. Comptant aujourd’hui 88 000habitants et 28 750 logements, la zone se verra bientôt étoffée de 20 000logements soit quelque 80 000 futurs résidents.

Selon Dov Zur, le maire en fonction, la partie est de la ville a été troplongtemps négligée. Ce qui est en cours de changement aujourd’hui. « Quand j’aiété élu, il y a 3 ans et demi, j’ai décidé de favoriser la zone et d’améliorerle niveau de vie des habitants. La ville a fait de gros investissements dansl’éducation et les infrastructures et je suis heureux de dire qu’on en voit lesrésultats, avec une augmentation de 12 % d’élèves qui reçoivent leur certificatd’étude. » Les grands défauts de Rishon : le surpeuplement et le manque dezones vertes, ce qui devrait s’arranger avec la mise en disponibilité desterrains de la base de Tzrifin. A l’est, la zone est d’ores et déjà en train deconnaître ce processus d’amélioration. Les plus grands développeurs du payssont sur le projet de rénovation. La compagnie Minrav construit des immeublesde 7, 8 et 9 étages nommés « Minrav la jeune ». Trois de ces sept immeubles de90 appartements sont achevés et 178 autres logements sont en cours deconstruction.

Le directeur des ventes, Haim Maoz explique : « Les ventes sont satisfaisantes.Nous offrons un projet de qualité avec un accès facile à Tel-Aviv pour des prixraisonnables. Tous nos appartements disposent de grandes terrasses de 12 à 23mètres carrés et d’une cave. Un 4 pièces est vendu à 1,7 million, un 5 piècesavec jardin de 145 m2 se négocie à 2 millions de shekels. Un 5 pièces penthouseavec terrasse mesurant jusqu’à 125 m2 est affiché à 2,4 millions de shekels. »Noam Cons de l’agence Anglo-Saxon est très optimiste quant à la partie est dela ville : « Malgré le fait que la municipalité a augmenté ses investissementsdans la zone, elle est toujours déconsidérée par rapport au reste de la ville.Par conséquence, les nouveaux projets sont très demandés par les locaux, quivivent déjà sur place, mais souhaitent améliorer leur standard de vie. Lademande d’investissement est aussi importante, à cause du réseau routier et desprix avantageux offerts par le terrain de l’ancienne base militaire. »