La nouvelle guerre des Juifs Qui sont les hardakim ?

Qui sont les harkadim ? Et pourquoi cette soudaine hostilité de la part de leur propre communauté ?

P11 JFR 370 (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)
P11 JFR 370
(photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)
Les menaces demort anonymes reçues depuis peu par les jeunes recrues ultraorthodoxes deTsahal, en service dans l’armée ou dans la police, sont le signe qu’unenouvelle guerre est déclarée. Elle aura lieu, en temps et en heure, s’ils nequittent pas leurs bases militaires et ne jettent pas leurs uniformes déclarés« tamei » (impurs).


Depuis la création de l’Etat, une convention entre Tsahal et la communautéultraorthodoxe permet aux jeunes harédim d’être exemptés du service militaire àcondition d’étudier à plein-temps dans une yeshiva. Mais une très faibleminorité d’entre eux (1 300 sur 40 000) choisissent malgré tout de s’enrôlerdans l’armée. Ils sont alors recrutés dans le contingent de la police ou dansle bataillon Nahal Harédi.

Ce dernier, également appelé Netzah Yehouda, a été créé en 1999. Il fait partiede la brigade Kfir et opère sous le commandement central d’Israël, celui deJudée-Samarie ou celui de Jénine. Sa devise ? « Agir prudemment et triompher ».L’armée de l’air possède également une unité harédite spécialisée eninformatique.

Aujourd’hui, la communauté ultraorthodoxe a commencé à s’en prendre à cesjeunes qui sortent du rang. Ils sont victimes, dans leurs propres quartiers,d’une discrimination qui se manifeste par des campagnes virulentes contre laconscription et des actes de violence physique qui se multiplient. On en vientà qualifier cette situation de milkhemet akhim, guerre fratricide.

Contre le pouvoir en place

Le mot hardakim, apparu cette année, est venuremplacer le nom que l’on donnait jusque-là aux soldats ultraorthodoxes :haharédim hahadashim, les nouveaux harédim.

L’Encyclopédie du judaïsme nous explique que « hardakim » est un épithètepéjoratif pour qualifier les soldats du Nahal Harédi, ainsi que l’acronyme deHarédim Kalei Da’at (harédim qui manquent d’intelligence) ou de HarédimHaïdakim, qui désigne les microbes qui minent le monde ultraorthodoxe et lerendent impur.

La loi Tal, qui garantissait l’exemption aux harédim, a expiré en juillet 2012.Elle a été remplacée par une autre qui, élaborée par la commission Perry le 29mai dernier, préconise le service appelés. Cette nouvelle loi entrera envigueur en 2017, mais, en attendant, le débat fait rage. Certes, certainssegments de la communauté ultraorthodoxe boycotteront toujours les actions dugouvernement, quelles qu’elles soient. Mais ce qui est nouveau, c’est que les ultraorthodoxesdu monde entier se sont enflammés ; même à Manhattan, des dizaines de milliersde harédim ont manifesté contre la conscription obligatoire.

Ce n’est pas la première fois, dans l’histoire du judaïsme, que des extrémistesreligieux se révoltent contre le pouvoir en place. Pendant la période qui aconduit à la destruction de l’Etat juif autonome et du Second Temple, en 70,les gangs sanguinaires des Sicaires terrorisaient les habitants de Jérusalem.Menés par Ben Battia, Menahem et Abba Sikra, ils combattaient par la violencele pouvoir de Yohanan Ben- Zakaï.

Armés de dagues romaines de 15 cm appelées sicas, ils assassinaient tous ceuxqui osaient contester les idées étroites qui constituaient leur propreidéologie religieuse.

Dans un acte de défi, Abba Sikra alla même jusqu’à incendier les réserves denourriture de la ville assiégée, contraignant Ben-Zakaï à se rendre àVespasien, de sorte que la ville sera perdue.

OEil pour oeil 

Le 23 mai dernier, un soldat de Bne Brak a posté ce récit dans sonblog : « Quand je suis descendu du bus et que je suis rentré dans la yeshiva,un groupe de garçons s’est aussitôt mis à crier : “Hardak ! Sors d’ici tout desuite ! Tu n’as pas honte de te présenter à Bne Brak dans cet uniforme del’armée ?” Ils m’ont chassé et m’ont poursuivi, et de plus en plus de garçonsvenaient se joindre à eux. J’ai eu de la chance de réussir à leur échapper… » Ala suite de cette publication, on a soudain vu apparaître des pashkevilim,affiches placardées sur les murs des quartiers harédim ; les ultraorthodoxesétaient incités à expulser immédiatement tout hardaki qui se présenterait dansleur enclave.

Début juillet, un sous-comité de la commission des Affaires étrangères et de laDéfense à la Knesset discutait du problème. Le député Elazar Stern, anciengénéral et chef du département des ressources humaines au sein de Tsahal, alancé une mise en garde : « Tout individu qui s’en prend aux soldatsultraorthodoxes mérite que l’on s’en prenne à lui en retour… Il doit êtretraité de la même façon que nous traitons les plus graves délinquants au seinde notre société. » Le brigadier-général Gadi Agmon, qui appartient lui aussiau département des Ressources humaines de Tsahal, n’a pas hésité à comparer lacampagne des ultraorthodoxes au journal nazi Der Stürmer. Selon lui, près d’unecentaine de cas de violence physique et d’intimidation verbale contre dessoldats harédim ont été rapportés, même si la police n’a enregistré qu’uneseule plainte officielle. Cela inclut des jets de pierre, des crachats, despneus crevés et des graffitis.

« Et si vous portez plainte, cela devient encore pire », affirme ElchananFromer, ancien soldat du Nahal Harédi.

Ne pas trahir Dieu 

Pour Gadi Agmon, le risque d’escalade est grand. « Lasociété haredite veut délégitimiser les garçons qui servent dans Tsahal. Elleles soumet à de graves pressions : elle ne les compte plus dans les minyanim(quorums pour la prière), les excommunie et ostracise leurs enfants à la crècheet à l’école. » Agmon appelle à assurer par des mesures judiciaires la sécuritédes soldats harédim, qui sont, selon lui, des éléments exemplaires.

Il est approuvé en cela par Yaakov Perry, le ministre des Sciences et desTechnologies, ancien directeur du Shin Beth, qui a présidé la commission quiporte son nom : « Toute tentative de s’en prendre à des soldats harédim, que cesoit par la force ou par l’intimidation, doit être sanctionnée avec toute laforce juridique de l’Etat. » En avril dernier, Binyamin Netanyahou a rendu unevisite de condoléances à Ovadia Yossef, ancien Grand Rabbin et dirigeant duparti Shas, qui venait de perdre son fils. A cette occasion, le rabbin lui adéclaré : « Je suis affligé, je suis un père qui vient d’enterrer son fils. Etpourtant, j’éprouve une affliction plus grande encore à l’idée que desétudiants de yeshiva seront bientôt enrôlés dans l’armée. » L’organisationharédite « Forteresse : centre de protection pour les problèmes de servicemilitaire », a publié une brochure de 32 pages à l’intention du public harédi :« S’il arrive un jour que l’on nous impose un choix », peut-on y lire, « entrecommettre l’un des trois péchés capitaux (l’inceste, le meurtre ou l’idolâtrie)ou mourir, nous choisirons la mort. Nous ne vivrons pas en trahissant Dieu. »La brochure explique en détail pourquoi s’enrôler dans l’armée israélienneéquivaut à commettre l’une de ces transgressions.

« Maman, au secours, un hardak ! »

Des illustrations montrent des soldatsharédim, aisément identifiables, pourchassant de petits enfants dans le but deles amener devant leurs supérieurs militaires. Une bulle, audessus des enfantsqui crient, contient les mots : « Maman, au secours, un hardak ! » D’autresimages présentent les conscrits du Nahal Harédi marchant à quatre pattes sousla légende : « Katzon latevah : comme des agneaux allant au sacrifice », uneformule qui évoque l’époque de la Shoah et la réaction d’une grande partie desJuifs d’Europe, que l’on a qualifiée de passive.

Des affiches collées aux lampadaires et sur les murs alertent par ailleurs lapopulation : « Attention ! Il y a des hardakim dans notre quartier ! », ylit-on. « Pour notre avenir, pour celui de nos enfants, gardez ces lieuxpropres ! Pas de hardakim dans cette zone ! La traversée de ce quartier estformellement interdite aux hardakim ! » On peut aussi voir une chaussure noireau pied d’une silhouette floue, sans doute celle d’un extrémisteultraorthodoxe, qui piétine des caricatures de soldats harédim, ainsi qu’uneautre affiche, particulièrement déplaisante, qui met en garde : « Hardakim,laissez-nous vivre ! Cessez de contaminer notre air ! » Les pashkevilimaffirment qu’un jeune harédi perd son âme en rejoignant l’armée : « Il y a eules Sadducéens… les assimilationalistes… les franquistes… les sionistes… lesréformistes… et maintenant, il y a les hardakim ! » Yehouda arpente les ruesavec son appareil pour photographier ces affiches. « Cette campagne ressemble àla propagande antisémite des années trente en Allemagne », dit-il. « Denouveaux panneaux apparaissent chaque jour. » Les pashkevilim collés sur lespanneaux d’affichage sont les plus virulents. On y voit des photographies desoldats déformées de manière à les faire ressembler à des cafards.

L’un d’eux montre une grosse blatte qui s’exclame : « Super, mon hardak aréussi à infiltrer la communauté. Il a commencé à rameuter des garçons duquartier pour les faire atterrir dans les griffes de l’armée… » 
Agressions ensérie 

En l’espace de quelques semaines, plusieurs graves agressions deconscrits harédim ont eu lieu à Jérusalem. Le 16 juin dernier, de jeunesultraorthodoxes ont attaqué un soldat du Nahal Harédi qui entrait en voituredans le quartier des Juifs de Boukhara. « Ils ont bloqué sa voiture, l’ontmenacé, l’ont extrait de force du véhicule et l’ont frappé », raconte MickyRosenfeld, porte-parole de la police. « Ils lui ont ensuite déchiré sa kippa etse sont enfuis à l’arrivée des forces de l’ordre. » Deux semaines plus tôt,deux soldats agressés dans un quartier harédi s’étaient retrouvés à l’hôpitalsans qu’aucun suspect ne soit appréhendé.

Récemment, en perquisitionnant l’imprimerie Ahva, à Mekor Barouch, la police aconfisqué des centaines de posters destinés à être affichés dans des quartiersharédim.

L’un d’eux annonçait un « Grand concours de hardakim pour professionnels etpour enfants ». Les professionnels étaient invités à proposer des dessins etdes caricatures de soldats de Tsahal harédim délivrant un message clair aumonde ultraorthodoxe. Les enfants, pour leur part, devaient se conformer à unerègle bien précise : « Dans chaque dessin, il doit y avoir un hardak et desenfants, et l’on doit bien comprendre l’attitude des enfants vis-à-vis duhardak.

Chaque mois, les meilleurs dessins seront publiés. » Au bas de l’affiche,figurait un post-scriptum : « Mettre les gens en garde [contre les hardakim] neconduit pas au péché ».

Vivre comme mon père et mon grand-père 

En réalité, deux points de vue existentdans le monde harédi. Celui, d’abord, des opposants à la conscription, dont lesrabbins Aaron Steinman et Shmouel Auerbach, tous deux emblématiques du clan desLituaniens. Auerbach a appelé les jeunes à ne pas se présenter au centre derecrutement quand ils reçoivent la première convocation de l’armée. A leurscôtés, figurent les cours hassidiques de Gour, Beltz, Satmar et Vichnitz, ainsique les Netourei Karta.

Zvi, un militant des Satmar, explique pourquoi sa communauté mène campagnecontre les soldats harédim. « Ils constituent une menace pour notre existence.Ils doivent être chassés de notre quartier, par la force au besoin, mais laviolence arrive toujours en dernier recours. Je ne veux pas que mes enfantsjouent avec les leurs, je ne veux pas qu’ils aillent chez eux et qu’ils voientde mauvaises choses. » Selon lui, ce sont les dirigeants de la communauté quicoordonnent les violences. « Moi-même, je donne beaucoup à l’Etat »,ajoute-t-il. « Je suis bénévole dans l’association Hatzalah, comme beaucoup demes amis. On ne m’a rien demandé, on ne m’a pas forcé, et pourtant, j’effectuece travail communautaire. Je sauve la vie des gens. Seulement, nous n’avonsdroit à aucune reconnaissance pour cela. Moi, je renoncerais à la vie pourdéfendre ce en quoi je crois. Tout ce que je demande, c’est de vivre comme monpère et mon grand-père. » Le site harédi Kikar Hashabbat, explique lui aussi saposition par la plume de Motti Rosenstein, le bras droit du rabbin Steinman : «Quiconque n’étudie pas [la Torah] doit se sentir gêné, et il est de notredevoir de lui apprendre à être embarrassé ». Il souligne que les conscrits deTsahal et de la police ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils choisissentde provoquer les gens en se promenant en uniforme.

Des notifications postées au nom de Moshé Zev Zargar, un rabbin affilié augroupe hassidique Satmar, préconisent de chasser tout soldat en uniformeprésent dans les quartiers ultraorthodoxes de Jérusalem. « A notre grandregret, nous voyons un nombre croissant de jeunes qui choisissent d’endosserl’uniforme. Nous savons très bien qu’il n’y a pas pénurie de soldats dansTsahal et que les harédim ne sont pas indispensables à l’armée. L’objectif decelle-ci, en fait, est de pénétrer la communauté ultraorthodoxe avec cette nega[plaie]. » Et il recommande à ses adeptes : « Si un Juif entre dans une salled’étude ainsi vêtu, vous devez lui crier “Tamei [impur], sors d’ici !” », carle contact avec ces uniformes les rend impurs. On ne doit pas prier ainsi vêtu.Ces uniformes proclament l’hérésie. » Yankel, hassid de Satmar, explique qu’ilse pliera toujours aux instructions de son rabbin. « Je ferai tout ce qu’il medira sans me poser la moindre question », affirme-t-il quand on lui demandes’il y aurait des limites à cette obéissance.

« Quiconque humilie un soldat harédi n’aura pas de part dans le monde futur » 

Certains dirigeants harédim réagissent en revanche favorablement à la nouvelleloi. Parmi eux, le rabbin Dov Tzvi Karelinstein, lui aussi du camp lituanienextrême de Jérusalem, directeur de la yeshiva de Grodno. Devant ses élèves àAshdod, il a exprimé son soutien aux soldats harédim : « Quiconque humilie unsoldat haredi n’aura pas de part dans le monde futur.

Je suis convaincu qu’un jeune harédi qui a étudié dans une yeshiva et s’estensuite engagé dans Tsahal a reçu un heter [une autorisation] de ses rabbins etil faut donc entretenir le dialogue avec lui. Mais s’en prendre à lui ?L’humilier ? Souciez-vous de votre âme ! Si cette situation vous peinevraiment, vous pouvez toujours aller demander à ces soldats de se changer quandils se promènent dans un quartier harédi, afin de ne pas offenser le public. »A Bne Brak, le rabbin David Bloch, porte-parole officiel du Nahal Harédi, a luiaussi réagi : « Nos sages nous disent que quiconque s’oppose au bien de son amirisque par la suite de s’opposer au bien de Hashem [Dieu].
Quiconque n’est pasreconnaissant au soldat qui défend les Juifs en Israël, et leur permet de vivredans une paix relative, est un ingrat. Même si nous vivons en exil, avec desennemis qui cherchent à nous détruire, nous devons remercier ceux qui ontoeuvré et oeuvrent encore à sauver des vies. On peut être anti-sioniste et semontrer cependant reconnaissant vis-à-vis de ceux qui préservent la viehumaine. » « La colère des harédim n’est pas justifiée », estime TzvikaGadalovitz, ancien soldat de l’unité ultraorthodoxe. « Il y a les gens quidoivent étudier la Torah, ils sont faits pour cela, et puis il y a ceux, commemoi, qui veulent rejoindre l’armée pour contribuer au bien de leur pays etfaire partie de la société israélienne. »
Troquer l’uniforme dans les toilettespubliques 

Dans l’unité harédite, tous les soldats s’accordent à penser que lamotivation présente derrière la violence à leur encontre est la peur del’assimilation et de l’indépendance d’esprit.

A Betar Illit, une organisation tente de faire barrage à la propagande contreles conscrits de Tsahal. Israël Pachter, de la faction Tov (séfarade) duconseil municipal de Betar, a fait afficher dans sa ville des pashkevillimintitulés : « Des brutes veulent nous imposer leurs règles ! » Répondant à unedemande des conscrits ultraorthodoxes, le département des ressources humainesde Tsahal a ouvert une hotline pour recevoir les plaintes. Au moins 60 soldatsdu Nahal Harédi ont déjà demandé à être exemptés du port de l’uniforme ; le règlementoblige tout soldat à garder l’uniforme tant qu’il n’est pas arrivé chez lui.Seules 20 autorisations ont été accordées en réponse à ces requêtes.

Fin juin, une commission s’est réunie pour discuter de pétitions de soldats quisouhaitent pouvoir emprunter les transports en commun en vêtements civils.

Certains soldats ont d’ailleurs pris l’habitude de se changer dans lestoilettes des gares routières, afin d’arriver chez eux en civil, au risque dese faire sanctionner par la police militaire. Pour eux, recevoir une amende del’armée reste préférable à être injurié, à recevoir des crachats ou à se fairerosser de coups.

Leurs femmes et leurs enfants souffrent eux aussi de cette campagne hostile. «Certains soldats ont été empêchés d’entrer dans leur synagogue, on a craché sureux pendant la prière à Bne Brak et à Jérusalem et des affiches de menaces ontété placardées sur leurs portes », indique un rapport de Tsahal. Leurs enfantsont été renvoyés de l’école et, dans certains cas, leur famille s’est vueretirer l’aide financière que lui versait la communauté.

Shimi est lié à la communauté de Braslav, mais se définit comme un Kanaï[Zélote]. Il nous a rencontrés dans le quartier des Juifs de Boukhara, àGuéoula, près de l’endroit où le soldat du Nahal Harédi a été agressé le 16juin dernier. « Les deux parties sont en tort », estime-t-il.

« La solde versée par Tsahal attire les jeunes, qui finissent par perdre leuridentité. Pourtant, ceux qui les agressent ont tort, parce que la violencen’est jamais une bonne solution. Tant qu’ils n’ont pas fait tchouva, tantqu’ils ne se sont pas repentis de leurs actes, on doit les obliger à quitterleur quartier, mais surtout pas par la force… Parce que, de toute façon, cesgens-là finiront forcément par revenir. » Shimi souligne ensuite que, « si lesrabbins n’approuvent pas les actions de ces quelques individus qui emploient laviolence, ils n’en demandent pas moins aux soldats harédim et à leur famille dequitter les quartiers ultraorthodoxes. » 
Du terrorisme juif 

Avigdor Liberman,chef du parti Israël Beiteinou, a écrit sur sa page Facebook : « C’est auxdirigeants de la communauté harédite et à leurs représentants politiques à laKnesset qu’il revient de condamner ces actes et d’interdire la violence àl’encontre des soldats qui ont le courage de regagner leur quartier enuniforme. » Danny Danon, vice-ministre de la Défense, a qualifié cette campagneanti-soldats de « terrorisme juif ». « Nous ferons tout ce qui est en notrepouvoir pour y mettre fin », a-t-il assuré.

Toute personne qui trouve à redire au port de l’uniforme dans les quartiersharédim n’est pas quelqu’un d’honorable et devrait avoir honte. Telle estl’opinion du Grand Rabbin de Tsahal Rafi Peretz, qui en a fait part aux soldatsdu Netzah Yehouda. « Tenez bon et tâchez de traverser cette période difficilela tête haute ! », leur a-t-il recommandé.

Il les a félicités pour leur courage et a affirmé que leur présence au sein deTsahal était un grand honneur, à la fois pour eux-mêmes et pour l’Etat d’Israël.

Haïm S., soldat du Netzah Yehouda, fait écho à ce sentiment : « Entrer dansl’armée est un engagement que j’ai décidé de prendre et qui me convient. Je mesuis engagé le jour où je me suis rendu compte que je n’étais pas fait pourrester assis toute la journée à étudier la Torah. Aucun extrémiste quel qu’ilsoit ne me fera revenir sur cette décision. Ce n’est pas parce qu’on sert dansl’armée qu’on mérite moins la Torah qu’un autre… »