Une violente altercation a éclaté vendredi 20 avril à la fin du match qui opposait les joueurs de l’Hapoel Ramat Gan, à l’équipe de Bnei Lod. La Fédération de football d’Israël (FFI) a suspendu les autres matchs prévus ce weekend pour chacune des deux équipes.Les joueurs et entraîneurs des deux clubs se sont mêlés à la bagarre juste après le coup de sifflet de l’arbitre signalant le score 1-1 entre les deux équipes. “J’ai été profondément choqué par le déroulement des événements”, a déclaré vendredi soir sur Aroutz 2 Avi Louzoun, président de la FFI.Il a fait part de la consternation de la Fédération face à la récente escalade de violence dans les stades. L’ambiance s’est considérablement détériorée, alors que chacune des équipes prétendait a une place en première ligue.La FFI a réagi de façon intransigeante : “Apres m’être entretenu avec la ministre des Sports Limor Livnat, j’ai décidé de suspendre tous les matchs de première et seconde divisions prévus samedi”, a déclaré Avi Louzoun.L’altercation, filmée en direct, est apparue sur les écrans de tout le pays. A l’image : des membres des deux équipes dans une mêlée générale sur la pelouse du stade de Ramat Gan. Suite à la bagarre, la police a interrogé une dizaine de participants. Certains ont été placés en résidence surveillée pour cinq jours : Lior Assouline, Tamir Ben-Ami et Adrian Fernandez de l’équipe Ramat Gan.Idem pour l’entraîneur de Lod, Sliman Azabarga, et le gérant de l’équipe, Ismail Azabarga. L’incident a eu lieu à peine trois semaines après une autre échauffourée du même genre à Haïfa, entre les membres de Maccabi Petah Tikva et Hapoel Haïfa.Blessé, un joueur de Haïfa avait été envoyé de toute urgence à l’hôpital. En conséquence, les deux équipes ont écopé d’une amende de 25 000 shekels et plusieurs joueurs des deux équipes ont été interdits de match.Quant au club de Petah Tikva, il a vu son score global amputé de trois points par la FFI, décision d’autant plus contestée qu’Avi Louzoun est l’ancien président de Petah Tikva. La même sanction menace d’ailleurs les équipes de Ramat Gan et Bnei Lod après les violences de ce vendredi. La FFI a fait part de son intention d’interroger la Haute Cour quant à la généralisation de ce type de mesures disciplinaires.“Voir un match de football, pas un combat de boxe”Luzon avait par ailleurs organisé dimanche 22 avril une conférence de presse. Il a justifié sa décision de suspendre les compétitions : “Je ne souhaite pas qu’on se retrouve avec des morts sur la pelouse”. De son côté, la ministre des Sports Limor Livnat a déclaré : “Les terrains de football sont devenus une zone de non-droit, ce qui risque de mettre à mal la sécurité dans les stades”. Quant à Binyamin Netanyahou, il a également exprimé son mécontentement : “Nous voulons assister à un match de football, pas à un combat de boxe”.Face à cette crise généralisée, le propriétaire de l’Hapoel Ramat Gan a annoncé qu’il quitterait le club à la fin de la saison. Et Eli Tabib, propriétaire de l’Hapoel Tel- Aviv, a également annoncé la mise en vente du club d’ici peu.Une décision due non pas tant aux violences de ce vendredi, qu’au harcèlement constant dont Tabib et sa famille ont fait l’objet de la part des supporters de l’Hapoel Tel-Aviv : manifestations devant sa résidence de Tel-Aviv ou les magasins de son épouse, Dana Ashkenazi. “J’aime le football et j’avais de nombreux projets pour la prochaine saison. Mais j’en ai assez de cette violence. Je ne veux pas mettre en danger la sécurité de ma famille”.