Coalition : J-17

Il reste un peu plus de 2 semaines pour former un gouvernement avant la date butoir du 15 mars. Retour sur les derniers rebondissements politiques.

Lapid at Knesset 370 (photo credit: Uriel Sinai/Reuters)
Lapid at Knesset 370
(photo credit: Uriel Sinai/Reuters)
Changement de tactique.Dimanche 24 février, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a opéré un virageà 180 degrés et invité Yesh Atid à rejoindre la coalition. Une première depuisla dernière rencontre de Netanyahou et Yaïr Lapid, peu après le scrutin du 22janvier.

Depuis, l’ancien journaliste s’était plaint de ne pas être convié auxpourparlers.

Les relations entre les deux leaders s’étaient dégradées suite à un commentairede Lapid sur son désir d’être Premier ministre lors des prochaines élections.Surtout, Bibi a laissé entendre qu’il ne voulait pas d’un gouvernement sans lespartis ultra-orthodoxes, ce à quoi Lapid a répliqué en faisant voeu de resterdans l’opposition le cas échéant.

Mais l’alliance entre Yesh Atid (19 mandats) et Habayit Hayehoudi (12 mandats)met le Premier ministre en difficulté.

Peu avant l’annonce de dimanche soir, une source au Likoud confiait queNetanyahou avait compris qu’il ne pouvait faire autrement que céder. « Le premierministre appelle à la formation d’un gouvernement à la majorité nationaliste etinvite Yesh Atid à le rejoindre également », pouvait-on lire dans le communiquédu Likoud. « Habayit Hayehoudi a été le premier à recevoir une offre pour legouvernement de Netanyahou. La promesse de campagne de ce parti envers sesélecteurs a été de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahou. Le seulobstacle qui empêche désormais la formation d’un gouvernement nationaliste estle refus d’Habayit Hayehoudi de rejoindre le gouvernement ».

Les deux formations se sont rencontrées tard dans la soirée de dimanche, à lafin de Pourim, pour discuter des réformes sur le futur budget 2013 etl’égalisation du service militaire.

Quant à Yesh Atid, le porte-parole de Lapid avait refusé de commenter lesderniers développements à l’heure où nous mettions sous presse.

De son côté, Shas a réagi avec dédain à l’annonce de Netanyahou, affirmant quele Premier ministre serait le premier à regretter sa décision. « Nous ne seronspas malheureux si nous ne sommes pas dans la coalition », a affirmé le députéShas Nissim Zeev. « Le Premier ministre a le droit de choisir ce qui luiconvient mieux politiquement, mais c’est très mauvais pour le pays ».

Lapid et Bennett se mettent d’accord sur le service militaire

Les pourparlersentre Yesh Atid et son allié Habayit Hayehoudi au cours du week-end surl’enrôlement militaire se sont révélés fructueux. Selon un reportage d’Aroutz10, confirmé par les deux partis, Lapid a accepté la demande de Bennett defaire passer le nombre d’exemptions de 400 à 2000 jeunes harédim par an.L’ancien journaliste a également accepté de monter l’âge d’enrôlement de 18 à21 ans.

La délégation de Habayit Hayehoudi devait reprendre les négociations à ce sujetavec le Likoud-Beiteinou en début de semaine, après avoir rejeté une premièreoffre lors d’une rencontre vendredi 22 février. A cette occasion, le partinational religieux a également soulevé l’idée d’obliger les ultra-orthodoxes àétudier les matières scolaires de base, telles que l’anglais et lesmathématiques. Une question qui a aussi été évoquée lors d’une rencontre entreles leaders du Likoud et de Shas, toujours vendredi.

La veille, l’autre formation ultra-orthodoxe de la Knesset, Judaïsme unifié dela Torah (JUT) s’est dite foncièrement opposée à tout changement dans le statuquo des étudiants de yeshiva. « Même s’ils veulent vous mettre en prison, vouspriver de vos droits et vous contraindre à la pauvreté, n’ayez crainte et Dieusera avec vous pour sanctifier son nom dans l’amour », pouvait-on lire dans uncommuniqué du Conseil des sages de la Torah de la Agouda hassidique d’Israël,publié dans Yated Neeman, un quotidien haredi, vendredi 23.

Livni attaquée de toutes parts 

Lors du face-à-face entre Habayit Hayehoudi etle Likoud Beiteinou, les représentants de Bennett ont également demandé àrevenir sur l’accord conclu par le parti de la majorité avec Tzipi Livni, mardi19 février, qui accorde à cette dernière le ministère de la Justice, ainsi quela conduite des négociations avec l’Autorité palestinienne.

Selon une source de Habayit Hayehoudi, les changements requis sont mineurs etne devraient pas déranger Livni.

« Ce n’est pas éthique de revenir sur un accord conclu », a néanmoins grondécelle-ci sur le plateau de Rencontrez la presse, sur Aroutz 2, samedi 23février. « Je ne pense pas que le Premier ministre briserait un accord passéavec moi, je ne pense pas que Yaïr Lapid l’accepterait, et je ne laisserais pasfaire une chose pareille. Je défendrais les engagements de cet accord, un pointc’est tout. Ces engagements ont été pris envers moi, envers mon parti et enversle monde entier », a-t-elle martelé.

Dimanche, Livni a dû également faire face aux critiques de son propre numéro 2,Amram Mitzna. Le député s’est montré très mécontent des rumeurs qui favorisentAmir Peretz, numéro 3 du parti, à ses dépens. En effet, dans son accord concluavec le Premier ministre, Livni a également obtenu le ministère del’Environnement ainsi que la présidence d’une commission de la Knesset.

En tant que numéro 2, Mitzna s’attendait logiquement à obtenir le portefeuilleministériel, mais Livni a déclaré la semaine dernière qu’elle n’avait pasencore décidé, qui, de Mitzna ou Peretz, hériterait du portefeuille. « Leproblème n’est pas entre Peretz et moi, mais entre Livni et moi », s’estindigné le député au micro de la radio militaire. « La confiance a été brisée». Lors de la réunion de parti qui a suivi l’annonce d’entrée au gouvernement,Mitzna a ostensiblement ignoré la main que lui tendait Amir Peretz.
Ce dernier n’a pas souhaité commenter.

Une nouvelle candidature d’Olmert ?

Alors que la date limite du 15 mars pourformer un gouvernement approche, les spéculations sur de nouvelles électionsvont bon train. Selon plusieurs sources médiatiques, l’ancien Premier ministreEhoud Olmert se présenterait le cas échéant. « Je me présenterai cette fois-ciparce que le dernier scrutin a prouvé que les Israéliens ne veulent pasvraiment de Netanyahou. Je me moque de savoir quelles sont mes chances et je memoque du qu’en-dira-t-on. Si Bibi ne forme pas de coalition et que de nouvellesélections sont lancées, je me présente », aurait confié Olmert à ses proches.Le porte-parole de ce dernier a néanmoins démenti l’information.

La candidature de l’ancien dirigeant serait de moins en moins improbable au vudes derniers rebondissements du procès Holyland. Dimanche 24 février, ladéfense d’Olmert a estimé avoir marqué un point de taille contre l’Etat.L’équipe d’avocats a fait usage d’une nouvelle preuve devant la cour : uneliste rédigée sur une page d’agenda par le principal témoin à charge, S.D. (sonnom est censuré) détaillant les destinataires des pots-de-vin sur laquelleEhoud Olmert ne figure pas, pas plus que ses principaux associés, Shoula Zakenet Yossi Olmert.

Selon la défense, cette découverte pourrait ouvrir la voie à un blanchiment del’ancien Premier ministre.