Quand les nazis envahissent la Pologne, Léon a moins de 10 ans et réside à Cracovie, avec sa famille. Très vite, les Leyson – comme tous les Juifs de la ville – vont se retrouver enfermés dans un immense ghetto d’où personne ne peut s’échapper. Seul le père, pour être l’un des travailleurs dans l’usine de Schindler, a l’occasion de quitter le ghetto quotidiennement. A 13 ans, alors qu’il réside dans une autre partie du ghetto, loin de sa famille, Léon aperçoit un officier allemand, une feuille à la main. Ce papier, c’est la liste des travailleurs de l’usine de Schindler. Léon y voit son nom barré, mais convainc l’officier que c’est une erreur. Il est alors envoyé dans l’usine où il retrouve le reste de sa famille. Du fait de son jeune âge, Léon est obligé de monter sur des caisses pour atteindre les machines. Schindler lui-même l’appelait affectueusement « le petit Léon ». Schindler, ce chef d’entreprise qui comprend peu à peu l’horreur nazie, se bat pour obtenir des permis de travail des nazis et sauve ainsi 1 100 juifs. Parmi eux : Léon, le plus jeune de tous. Sa famille survivra en partie, ses deux plus jeunes frères seront tués par les nazis. En 1949, Léon Leyson immigre aux Etats-Unis, déterminé à débuter une nouvelle vie et à fonder une famille. Il rencontrera Liz, qu’il épousera et avec qui il aura deux enfants. Et étudie pour devenir enseignant. Pendant près de 40 ans, il enseigne dans un lycée de Los Angeles. Durant des années, Léon Leyson s’est refusé à partager ses souvenirs de l’usine de Schindler. A parler de la Shoah avec les siens. C’est le film de Steven Spielberg, La liste de Schindler, qui va enfin l’amener à partager son expérience. Il parcourt alors les écoles primaires, lycées, universités, témoigne devant des centaines d’élèves. « Je n’aurais jamais pensé que quelqu’un puisse s’intéresser à mon histoire », a-t-il déclaré, surpris. Marilyn Harran, professeur en sciences religieuses à l’université de Chapman se souvient de lui : à chaque fois qu’il racontait son histoire, note-t-elle, c’était toujours avec beaucoup de coeur et d’émotion, il ne prononçait jamais avec les mêmes mots comme s’il s’agissait d’un discours bien rodé. « Il encourageait non seulement les gens à se souvenir de la Shoah, mais aussi à se rappeler qu’on se doit de n’être jamais indifférent ».