Qui est Yitzhak Molkho, le diplomate de l'ombre ?

Largement méconnu du public, Yitzhak Molkho est l'homme clé de la diplomatie israélienne depuis des décennies

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August 4, 2016 13:44
Yitshak Molcho aux côtés de Benjamin et Sara Netanyahou

Yitshak Molcho aux côtés de Benjamin et Sara Netanyahou. (photo credit: GPO)

 
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Visite surprise. L’arrivée en Israël le 10 juillet dernier du  ministre des Affaires étrangères égyptien Sameh Shoukry n’avait fait l’objet d’aucune annonce préalable. La visite était pourtant hautement significative, alors qu’aucun officiel égyptien de ce rang n’avait foulé la Terre sainte depuis presque dix ans. Par ce geste, Le Caire exprimait clairement sa volonté de remettre les relations avec Israël dans ses priorités.

Dans les coulisses de ce buzz diplomatique, l’empreinte d’un homme, Yitzhak (Itzik) Molkho, envoyé spécial de Benjamin Netanyahou auprès des Palestiniens. « Je tiens à remercier mon conseiller et envoyé spécial Yitzhak Molkho pour tout ce qu’il entreprend afin de renforcer les relations israélo-égyptiennes, et pour l’important travail qu’il a effectué en amont de cette rencontre. Merci Itzik », a déclaré le chef du gouvernement lors de la conférence de presse commune avec Sameh Shoukry, avant leur entretien. Yitzak Molkho, qui se trouvait à ce moment-là à l’aéroport, est arrivé à temps pour prendre part aux discussions, assis aux côtés du Premier ministre, tout comme il l’est depuis 1996, date de la première accession au pouvoir de Netanyahou.

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L’atout de l’anonymat

A la différence de tous ceux qui ont, au cours des années, influencé, modelé ou mis en œuvre la politique étrangère du Premier ministre – tels Ouzi Arad, Dore Gold, Yaakov Amidror ou Ron Dermer – Yitzhak Molkho reste largement méconnu du public. Bien que son nom soit cité de temps à autre à la radio, il peut s’asseoir au restaurant totalement incognito. Et pourtant. Cet homme est sans conteste le conseiller le plus proche de Netanyahou, celui qui recueille sa plus grande confiance, et qui joue, depuis deux décennies, un rôle décisif au cœur du processus diplomatique israélo-palestinien. Doté d’une influence considérable sur le chef du gouvernement, il mène des négociations sur les sujets les plus sensibles qui ont un impact majeur sur la sécurité du pays. Malgré tout cela, Molkho ne s’exprime jamais publiquement et n’accorde pas d’entretiens aux médias. Impossible donc de savoir ce qu’il pense et de conjecturer sur la teneur des conseils qu’il donne au Premier ministre. Il reste un travailleur de l’ombre. Des ténèbres même, diront certains.

Impossible également d’en apprendre plus sur les tractations commerciales qu’il mène au sein du cabinet d’affaires qu’il dirige avec David Shimron, et qui compte de nombreux clients en Israël aussi bien qu’à l’étranger. Molkho est également consul honoraire en Autriche depuis 35 ans (mais basé en Israël), un rôle qui pourrait susciter un potentiel conflit d’intérêts, pensent certains. Accusations rapidement balayées par les proches du diplomate qui pointent le fait que cette position et le dossier israélo-palestinien n’ont absolument rien en commun. Comme prévu, Yitzhak Molkho a refusé d’être interviewé pour cet article. « L’anonymat demeure son plus grand avantage », plaide son entourage. Et d’indiquer la devise favorite du diplomate : « L’ennemi du succès est la publicité. » Tout est dit. Ce penchant pour le secret est d’ailleurs contagieux : sur la douzaine de collaborateurs de Molkho – actuels ou anciens – sollicités, très peu ont accepté de parler de lui.
C’est Dennis Ross qui a été le plus bavard. Le diplomate américain chevronné a côtoyé Molkho durant deux décennies : il a négocié le protocole de Hébron en 1997 et le mémorandum de Wye River en 1998 avec lui, alors qu’Yitzhak Molkho était l’envoyé de Netanyahou auprès d’Arafat. Les deux ont également travaillé ensemble entre 2012 et 2014 lors des pourparlers officieux de Londres, au cours desquels le diplomate israélien s’est entretenu avec Hussein Agha, un universitaire confident de Mahmoud Abbas. Des discussions qui se sont superposées pour un temps aux négociations formelles entamées par le secrétaire d’Etat américain John Kerry en 2013, dans lesquelles Molkho était également impliqué. Ross confirme que la discrétion de celui-ci est l’un des éléments clé qui font toute sa crédibilité. « La dernière chose qui l’intéresse est de voir l’attention braquée sur lui », affirme le diplomate américain.
Michael Herzog est du même avis. Au contraire de Ross, qui a mené ces négociations en siégeant dans le camp adverse de Molkho, lui était à ses côtés autour de la table des discussions. Général de brigade à la retraite, Michael Herzog, frère d’Yitzhak Herzog, le chef du parti travailliste, a pris part à tous les rounds de négociations avec les Palestiniens depuis 1993. Il a été directeur de cabinet d’Ehoud Barak lorsqu’il était ministre de la Défense de 2006 à 2009, puis de 2009 à 2010, émissaire spécial de Barak et Netanyahou aux côtés de Molkho pour tenter de négocier la reprise des pourparlers avec les Palestiniens. « Il est très secret », dit Herzog à propos du conseiller du Premier ministre. « Il travaille en coulisses. Quand vous le rencontrez, vous pouvez être sûr que rien ne s’ébruitera, et que si fuites il y a, elles ne viennent aucunement de lui. Il ne parle jamais à la presse. Quel que soit le sujet abordé avec lui, rien ne filtrera au-delà des murs. » Pas le genre donc, à rédiger des mémoires émaillés de révélations et de détails croustillants une fois retiré de la vie publique.

Un statut atypique

Mais d’où vient cette confiance si particulière de Netanyahou envers Molkho ? L’un des officiels ayant assisté aux discussions avec les Egyptiens durant plusieurs années croit avoir la réponse. « Lorsqu’Yitzhak Molkho parle, c’est exactement comme si Benjamin Netanyahou lui-même parlait. Il ne varie ni de droite ni de gauche par rapport au message qu’il a été chargé de transmettre. » Les détracteurs du tandem ont cependant une autre explication. Pour eux, la proximité des deux hommes tient à leurs liens personnels : David Shimron, l’associé de Molkho, n’est autre que le propre cousin de Netanyahou. Ce dernier a d’ailleurs été l’avocat du Premier ministre durant des années. Pour preuve de ce népotisme, les plus critiques avancent ainsi qu’au cours des différents mandats de Netanyahou, et malgré de très nombreux conseillers et ministres passés par son cabinet, seuls trois se sont maintenus en poste jusqu’à aujourd’hui : sa femme, Sara, David Shimron et Yitzhak Molkho. Une source pointe ainsi le fait que si Netanyahou n’a confiance que dans sa famille, cela ne fait pas forcément de Molkho la personne la plus qualifiée pour gérer les dossiers extrêmement sensibles qui lui sont confiés.
Ce qui en agace plus d’un : le manque de transparence dans le rôle joué par Molkho. Comment un avocat d’affaires privé, toujours en exercice et qui n’est pas employé par le gouvernement, peut-il jouer un rôle aussi crucial dans les dossiers d’Etat les plus sensibles ?, font-ils valoir. Pour eux, pas de doute, il s’agit d’un défaut de gouvernance. Et de souligner que son statut d’entrepreneur privé permet à Molkho de se soustraire aux règles de transparence qui s’appliquent aux employés du gouvernement. L’Etat n’est-il pas pourtant censé agir dans le respect de certains standards et certaines procédures ?

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Non employé par le gouvernement, le diplomate israélien n’est donc pas rémunéré par celui-ci et ne reçoit de sa part qu’un shekel symbolique par an. S’ils peuvent surprendre, Molkho, lui, est familier de ce type d’arrangements. Son père, Rafael Molkho, l’un des fondateurs de la banque Discount, a travaillé dans les années soixante au service de Levi Eshkol, alors ministre des Finances. Durant trois ans et sur une base de volontariat, il a ainsi dirigé le département des devises étrangères et du commerce extérieur du ministère, ne percevant du gouvernement qu’un dollar symbolique de compensation. Dans l’entourage de Molkho, on se défend en disant que tous les dirigeants, aussi bien israéliens qu’étrangers, chargent couramment leurs conseillers personnels de missions diplomatiques : Ariel Sharon avait fait de Dov Weisglass son envoyé spécial, bien qu’il possédait un intérêt dans le cabinet d’avocats de ce dernier. Tout comme Weisglass, Yitzhak Molkho a signé une entente sur les conflits d’intérêts. Cet accord, approuvé par le procureur général, empêche Molkho l’avocat de conclure quelque affaire que ce soit en rapport avec ses clients ou son activité juridique, durant le temps où il se trouve en mission pour Netanyahou. Michael Herzog confirme ainsi n’avoir jamais vu Molkho penser à ses affaires une seule seconde lorsqu’il était en déplacement diplomatique : « Pour avoir beaucoup voyagé avec lui, je pense même qu’il en est venu à négliger ses obligations professionnelles au profit des intérêts de l’Etat. » Selon Herzog, l’autre raison qui explique la confiance de Netanyahou en Molkho est que, contrairement aux autres conseillers du Premier ministre, il n’a justement aucun agenda politique. Une qualité aux yeux du chef du gouvernement, mais qui en frustre ironiquement plus d’un. Beaucoup aimeraient au contraire le voir, pressé par ses convictions, pousser les négociations en faveur des implantations par exemple.

Mais très peu pour Molkho. Ses idées politiques demeurent une énigme. L’un de ses anciens associés doute qu’il vote pour le Likoud, tandis qu’un autre affirme que ni lui ni son père n’ont jamais été affiliés à un parti politique. Quant à Dennis Ross, il le jugeait, dans son ouvrage The Missing Peace (la paix absente) paru en 2004, plutôt de centre gauche, un sentiment dont le diplomate américain n’est plus tout à fait sûr aujourd’hui. Ses seules certitudes : Molkho a toujours conservé son indépendance d’esprit, possède ses propres idées et ne se prive pas d’en faire part à Netanyahou. Molkho serait donc loin d’être un béni-oui-oui. Et même si ses opinions n’influencent pas forcément le Premier ministre, au moins sait-il qu’il sera toujours attentivement écouté par celui-ci.

Yerouchalmi dans l’âme

Yitzhak Molkho, 72 ans, connaît Netanyahou depuis l’âge de 16 ans. Tous les deux ont grandi dans la capitale à Rehavia. L’arrière-grand-père de l’avocat, Yitzhak Yehouda Cohen, était l’un des hommes d’affaires les plus importants de Jérusalem dans les années 1920 et 1930. C’est justement lui qui a acheté à l’église orthodoxe grecque les terres sur lesquelles a été construit Rehavia. Son gendre, Yitzhak Rafael Molkho, né à Salonique, était journaliste, traducteur et historien, et dirigeait également une communauté séfarade de la capitale. Il avait l’habitude de prêter des livres à Benzion Netanyahou, le père du Premier ministre, qui était devenu un habitué de sa maison. Yitzhak Rafael Molkho était aussi le « mukhtar » de Rehavia durant le Mandat britannique, et avait été chargé de nommer les rues du quartier – alors largement habité par l’élite ashkénaze – d’après les plus grandes lumières séfarades : Rambam, Ramban, Abrabanel, Mitoudela, Ibn Chaprout et d’autres.
L’arrière-grand-père d’Yitzhak Molkho n’a pas seulement acquis Rehavia. Il a également acheté en 1935 dans le Goush Etsion 128 dounams de terres qui constituent aujourd’hui l’implantation de Neve Daniel. Un point qui a d’ailleurs eu l’occasion d’être soulevé au cours de l’une des réunions de négociations d’Yitzhak Molkho avec l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient de Barack Obama, George Mitchell. Au cours d’une discussion, quelqu’un a déclaré que dans l’histoire, les juifs n’avaient jamais possédé de terres en Judée-Samarie ou à Jérusalem-Est. Le diplomate israélien n’a fait qu’un bond, rétorquant que les communautés juives du Goush Etsion étaient installées sur des terres acquises par son arrière-grand-père. Le fait que la famille de Molkho soit installée à Jérusalem depuis six générations est un élément clé de la personnalité de ce dernier, selon Michael Oren, ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis. « C’est un Levantin, aguerri à la mentalité moyen-orientale. » Oren relate ainsi qu’il a beaucoup appris d’Yitzhak Molkho : « Il a compris que dans le dossier israélo-palestinien, nous ne devons rien donner sans avoir quelque chose en retour, sinon les négociations peuvent s’arrêter. » Les faits lui ont donné largement raison sur la question du gel des implantations décidé en 2009. « Cela n’a pas fait avancer le processus de paix, mais l’a au contraire stoppé », souligne le député israélien.

Un diplomate né

Selon Oren, Molkho possède un charisme « malicieux » qui en fait un personnage qu’on dirait sorti d’un roman. « C’est aussi un citadin dans l’âme qui joue très bien au tennis [il a été champion junior] et conduit une Jaguar. » Fin connaisseur en art, il est également président du Musée d’Israël et jouit d’une réputation internationale. Parmi ses autres qualités, une source pointe son énorme crédit de sympathie : « Vous pouvez le mettre face à n’importe qui. Il sait comment parler à chacun, c’est un diplomate né. » Ses talents d’avocat d’affaires sont aussi l’un de ses atouts maîtres dans les négociations diplomatiques. Dans son ouvrage Ally : My Journey Across the American-Israeli Divide (Allié : mon parcours à travers le clivage américano-israélien), Michael Oren raconte une scène où les qualités de Molkho sont apparues de façon évidente. C’était en novembre 2010. Alors que Netanyahou était en visite aux Etats-Unis, les Américains tentaient d’obtenir d’Israël un prolongement du gel des constructions dans les implantations, au terme des dix mois convenus. « La conversation a rapidement pris des allures de débats d’avocats entre Yitzhak Molkho et George Mitchell pour savoir combien de projets immobiliers pourraient être menés à leur terme dans l’éventualité d’une poursuite du gel », écrit Oren. « Assis autour, nous nous contentions de les regarder, jusqu’à ce que dans un mouvement d’une impétuosité inhabituelle, Dan Shapiro [ambassadeur américain en Israël] frappe la table de ses deux poings et lance : “C’est stupide ! Nous savons tous ce que nous voulons, alors concluons un accord.” » Cet épisode a même donné lieu à un néologisme à Washington. Désormais, le fait d’être empêtré dans une infinité de détails légaux s’appelle être « molkhonisé ». « Il est vrai qu’il se focalise sur les détails », admet Dennis Ross, « et cela peut frustrer de nombreuses personnes. Mais mon point de vue est que dans ce type de négociations, les détails sont d’une grande importance. »

Les proches de Molkho assurent que ce dernier ne se considère pas lui-même comme un stratège, mais plutôt comme un tacticien. Ce n’est pas lui qui décide de la politique du gouvernement – bien qu’il prenne part aux réunions du cabinet sur les dossiers dans lesquels il est impliqué –, il assure sa mise en place. Pourtant, même dans cet espace restreint, il reste une place pour manœuvrer. Ainsi, l’un des confidents du diplomate explique qu’au Moyen-Orient il existe une connexion très étroite entre la stratégie et la tactique, la seconde étant capable de couler ou de faire flotter la première. Par exemple, le désengagement de Gaza en 2005 était une décision stratégique. Mais la façon dont cela s’est fait – en coordination ou non avec les Palestiniens, en quittant ou non le couloir de Philadelphie – relevait de décisions tactiques, qui ont déterminé dans une large mesure la réussite ou l’échec de la stratégie. Et la tactique adoptée dépend largement des négociateurs.

Molkho le pragmatique

Les critiques les plus virulents de Molkho s’interrogent ainsi sur ses compétences réelles : s’il est si doué que cela, comment se fait-il que depuis toutes les années où il est impliqué dans les pourparlers avec les Palestiniens, le processus de paix en soi au point mort ? Pour Michael Herzog, l’accusation est injuste. Il assure que si critiques il y a sur ce dossier, elles doivent mettre en cause la politique de Benjamin Netanyahou. « Molkho n’est pas le Premier ministre. Il ne fait que le représenter », rappelle-t-il. « Cela dit, même dans ce contexte, Molkho est un homme à chercher des solutions. Ce n’est pas un idéologue, mais un pragmatique qui croit dans la solution à deux Etats. » Et d’affirmer que plus on lui octroie de liberté, plus il obtient de résultats. « Le problème selon moi est qu’il se trouve contraint d’agir dans un espace politique très réduit en raison de la coalition au pouvoir », dit encore Herzog.
Au lieu de se focaliser sur une avancée des pourparlers avec les Palestiniens, irréaliste pour le moment, Yitzhak Molkho se concentre actuellement sur l’édification de relations avec les voisins arabes d’Israël, comme l’a montré la visite du ministre des Affaires étrangères égyptien. « Les relations sans précédent que nous entretenons aujourd’hui avec Le Caire sont à porter au crédit de Molkho », assure Herzog. L’idée directrice est de chercher des moyens d’ouvrir une fenêtre en direction des pays arabes modérés et de les impliquer dans le dossier palestinien, de façon à ce que Mahmoud Abbas ne soit pas seul pour prendre les décisions difficiles que lui refuse son étroite marge de manœuvre politique. C’est ce concept qui est à l’origine de la visite de Shoukry.

Une autre qualité de Molkho fait l’unanimité, même chez ses détracteurs : sa capacité à désamorcer les crises. L’exemple le plus récent est celui du rapport publié ce mois-ci par le quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) sur les raisons de l’impasse diplomatique entre Israéliens et Palestiniens. Durant des semaines, des informations ont filtré indiquant que le compte rendu ne se priverait pas de désigner les constructions dans les implantations comme largement responsables du blocage. Au final, c’est pourtant un document édulcoré qui a été publié, le Quartette mentionnant certes le problème des implantations, mais non sans avoir au préalable pointé le terrorisme et les violences incessantes côté palestinien. D’après plusieurs officiels, l’homme à l’origine de cette modération est bien Yitzhak Molkho.
Selon un vieux proverbe, ce que l’on voit en diplomatie n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ce qui se passe dans les pièces feutrées des chancelleries demeure en grande partie souterrain. Aux dires de ses proches, Yitzhak Molkho continue à être en contact régulier avec l’Autorité palestinienne lorsque la situation l’impose et – conséquence de son ancienneté – peut rencontrer n’importe quel acteur du camp adverse. Ce partisan infatigable du dialogue justifie son endurance par une simple phrase : « Dans cette région, c’est soit on se parle, soit on se tire dessus. »

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