Une bataille difficile

Elles veulent servir leur pays. Dans les zones de combat. Qui sont ces femmes qui s’engagent dans des unités d’élite et quelle est leur place au sein de l’armée israélienne ?

By JUDITH SUDILOVSKY
November 1, 2015 17:30
Combattantes au sein de Tsahal

Combattantes au sein de Tsahal. (photo credit: IDF)

 
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Maya Tiben, 19 ans, a toujours été proche de son frère jumeau. Ils ont presque tout fait ensemble. Alors, quand est venu le temps de l’armée, cette jolie blonde vénitienne à la silhouette déliée n’a vu aucune raison de se limiter à des rôles traditionnellement réservés aux femmes. Debout dans sa tenue de combat, alors que le crépuscule s’abat sur les décombres d’une maison en ruine où, avec son peloton de l’unité de recherche et sauvetage de l’armée israélienne, elle a passé toute la journée en exercice de simulation, elle est fatiguée. Un jour comme les autres pour cette nouvelle recrue qui n’affiche ni regret quant à son choix, ni plaintes quant aux tâches qu’elle doit accomplir.
Dans son entourage, ils sont pourtant nombreux à ne pas bien comprendre ce qu’elle fait dans une telle unité, confie celle qui se destine à des études de médecine, dès la fin de son service, dans deux ans. Il est vrai qu’en règle générale, on imagine les combattantes plutôt grandes et masculines. Mais si Maya a décidé de rejoindre ce régiment, ce n’est pas pour se fixer un défi en tant que femme, affirme-t-elle, mais plutôt un défi personnel, en tant qu’individu. « Je voulais aller au combat parce que j’aime agir et être active. Je ne m’imagine pas enseigner, ni rester toute la journée dans un bureau. Je voulais servir pendant trois ans pour quelque chose qui me motive. Il est vrai que je ne suis pas particulièrement grande, et au début c’était difficile, mais avec la volonté qui m’anime, je ne vois rien ici que je ne peux accomplir. »

Hommes, femmes, même combat

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L’unité de recherche et de sauvetage du commandement du front intérieur est considérée comme une force combattante – même si ses membres ne sont pas impliqués dans les conflits avec l’ennemi et ont davantage un rôle de soutien au combat. Formés pour sauver des vies lors de catastrophes naturelles ou autres circonstances extrêmes, ils gardent également les frontières. Mais contrairement au très médiatisé bataillon Caracal, essentiellement féminin, qui veille sur la frontière sud avec l’Egypte, la majorité des militaires de l’unité de Maya sont de sexe masculin.
La jeune femme se souvient : l’entraînement a été long et rigoureux. Les missions sont parfois plus dures encore. Car les critères sont les mêmes pour les hommes et les femmes, insiste-t-elle. Pour Maya, cela signifie de longues périodes sans rentrer chez elle, bien plus que pour ses amies qui servent dans des unités non combattantes ; moins de temps pour voir son petit ami ; et des journées bien remplies. Mais il y a aussi beaucoup de satisfactions, dit-elle : « J’ai l’honneur de défendre notre pays, et je fais tout un tas de choses que je n’aurais jamais imaginé pouvoir faire. »
Il y a pourtant une légère ombre au tableau : Maya Tiben estime que les commandants ne sont pas toujours aptes à appréhender les différences émotionnelles entre hommes et femmes, ni la façon dont les soldates perçoivent les choses et réagissent aux situations. « Ils ne nous comprennent pas toujours, alors c’est parfois difficile d’aborder un commandant. Je pense que sur certaines missions, nous pouvons nous révéler plus fortes que les hommes, mais ils ont encore des difficultés à accepter cela. »

Laïques ou orthodoxes

En Israël, 92 % des positions militaires sont ouvertes aux femmes, y compris au sein des unités d’élite des corps d’artillerie – parmi elles, les célèbres « Sky Riders » de l’unité Skylark qui manient des véhicules aériens sans pilote – ou des unités de combat de la marine, de l’armée de l’air, du commandement du front intérieur et de la police militaire en Judée-Samarie. Outre le bataillon Caracal (lynx du désert), Tsahal vient d’achever le recrutement d’un nouveau bataillon mixte d’infanterie légère, les « Lions du Jourdain » – qui devrait être posté en patrouille le long de la frontière orientale, dans la vallée du Jourdain.
L’embarras du choix pour les nouvelles recrues féminines, qui ne sont pas forcément celles que l’on croit. 2014 a en effet vu une augmentation de 13 % des effectifs de femmes orthodoxes enrôlées dans des unités liées au combat. Et une hausse de 71 % d’ultraorthodoxes ayant rejoint ces mêmes unités. Dans le même temps, le nombre de femmes orthodoxes officiers faisait un bond de 30 % au cours des deux dernières années, en dépit de l’opposition de certains rabbins de la communauté nationale-religieuse. En octobre 2014, Tamar Ariel, première pilote religieuse de l’armée de l’air, avait trouvé la mort dans une avalanche au Népal. Récemment, une autre soldate pratiquante faisait partie des nouveaux pilotes diplômés.
Danielle Tzour, 22 ans, est originaire d’une famille religieuse de Talmon, à proximité de Modiin. Elle sert actuellement comme officier instructeur, pour des missions traditionnellement considérées comme réservées aux femmes : organiser et guider des groupes de soldats lors de visites de musées et d’institutions nationales. Si elle concède qu’un rôle de combat n’était pas pour elle, elle admire celles qui décident de s’engager dans cette voie. « Chaque nouvelle recrue devrait pouvoir aller là où elle pense effectuer un service militaire optimal », déclare celle dont les parents n’étaient pas très emballés à l’idée de voir leur fille s’enrôler. Ils auraient en effet préféré la voir s’engager dans un service civil, généralement de rigueur pour les jeunes femmes issues du courant national-religieux. Mais la tendance semble désormais s’inverser : selon Aluma, un groupe qui aide à l’intégration des différents secteurs de la population – y compris les jeunes filles orthodoxes – environ un quart des lycéennes des écoles nationales religieuses s’enrôlent désormais dans l’armée israélienne.

Les défis de la parité


Alors que les soldates sont normalement appelées à servir uniquement deux ans, les femmes combattantes s’engagent pour la même durée que leurs homologues masculins. Le 6 juillet dernier, le service masculin a été réduit de trois ans à 32 mois, et l’armée israélienne envisage désormais de rallonger celui des femmes de 24 à 28 mois, à la fois pour couvrir le déficit de main-d’œuvre et réduire l’écart entre les hommes et les femmes. Un nouveau pas vers l’égalité des sexes ? Pour Maya Tiben, cela ne suffit pas. Pour que les femmes deviennent les égales des hommes, il faudrait surtout qu’elles soient plus nombreuses dans les unités de combat.
Car certaines portes restent encore fermées. En mai dernier, suite à des essais sur le terrain, l’armée a décidé d’interdire aux femmes les bataillons de blindés, en raison des exigences physiques demandées et du manque d’intimité imposé. Pour autant, elle serait prête à reconsidérer leur bannissement des postes d’ingénieurs de combat sur équipement lourd, ou en territoire ennemi, après examen des politiques de certaines forces militaires occidentales.
Parmi les principales préoccupations de l’armée : comment faire cohabiter hommes et femmes dans un même peloton, avec des conditions physiques et de terrain difficiles, sans affecter les performances des soldats, et en évitant d’indésirables relations amoureuses. Pour Michal Cooper, 21 ans, également membre d’une unité de recherche et de sauvetage, la question ne se pose pas vraiment. Selon elle, après avoir traversé une si longue formation et de périlleuses opérations ensemble, les soldats ont tendance à se voir les uns les autres comme frères et sœurs, plus que comme des partenaires amoureux potentiels.
« Ils m’ont vu sale et transpirante. Nous ne nous percevons pas les uns les autres de cette façon », soutient Cooper. « Les hommes de l’unité sont comme des frères pour moi. Nous effectuons un travail très difficile, parfois effrayant, basé sur le don de soi. Nous ne dormons pas la nuit, devons nous rendre dans des endroits dont nous ne savons pas si nous allons réussir à sortir, mais nous savons que nous empêchons des drames de se produire », rapporte-t-elle. Et de préciser : parce que l’unité est essentiellement masculine, on attend beaucoup des femmes qui la composent. Elles doivent se montrer aussi efficaces voire plus que les hommes.

Fusil et lingerie

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Si ces jeunes femmes courageuses tentent de faire tomber tous les clichés, certains vieux stéréotypes misogynes ont encore la dent dure. La ligne de vêtements telavivienne MTKL, nommée en l’honneur du commando d’élite Matkal par ses fondateurs Amnon Shenfeld et Ilan Missoulawin, a ainsi lancé cette année la seconde édition d’un calendrier pour financer ses vêtements d’inspiration militaire. Les mannequins sont présentés comme étant « de vraies femmes de l’armée israélienne ». Retirées du service actif, on les y voit très légèrement vêtues et lourdement armées. Un « hommage aux soldates et à la vie qu’elles mènent », estiment les concepteurs, Shenfeld et Missoulawin. Michal Cooper, en sueur dans son uniforme souillé par une journée à creuser et transporter de lourdes charges dans le cadre d’un exercice de sauvetage, se passerait bien de ce genre d’hommage. Doucement mais sûrement, les soldats masculins commencent à accepter et respecter leurs collègues féminines, et ces photographies ne contribuent pas à leur quête d’égalité, regrette-t-elle.
Pour preuve, le harcèlement sexuel est une pratique qui sévit encore dans la quasi-totalité des départements militaires. C’est seulement depuis l’an 2000 que l’armée a commencé à se soucier de ce phénomène.

Plafond de verre

En Israël, les femmes servent leur pays dans une proportion plus élevée que dans toute autre armée occidentale : elles constituent quelque 34 % des effectifs de Tsahal. Pourtant, il existe encore une certaine aversion au sein de la société israélienne, à voir des femmes servir dans des unités de combat, expliquait la professeure Orna Sasson-Levy, lors d’une récente conférence sur « Les femmes dans l’armée israélienne » organisée par BINA, une yeshiva laïque du sud de Tel-Aviv, qui œuvre au renforcement de l’identité juive au sein du grand public. Cette directrice du département de sociologie de l’université Bar-Ilan planche sur le sujet depuis 30 ans. Selon elle, seules 3 à 4 % des femmes occupent des positions de combat ou semi-combat. Ce qui reste insuffisant. « Il y a certes eu des changements symboliques, mais les femmes sont encore loin de pouvoir exprimer tout leur potentiel », pointe-t-elle. « Elles n’occupent toujours pas de postes clés de combat. La plupart sont confinées dans des rôles exclusivement ou traditionnellement féminins. A l’armée, il y a une hiérarchie, et au sommet de la hiérarchie, des postes de combat. Pour que Tsahal se targue d’être d’égalitaire, nous devons voir davantage d’hommes greffiers ou formateurs, et davantage de femmes combattantes. »
Pour elle, ce sont les unités de renseignement qui font le plus honneur à la parité, y compris le renseignement dans les unités de combat.
Autre indice : la place des femmes parmi les hauts gradés. L’an dernier, l’armée israélienne a nommé pour la première fois une femme commandante d’un bataillon de combat : la lieutenant-colonel Oshrat Bachar, à la tête du bataillon Eitam, rattaché au commandement sud. En dépit du fait qu’elle soit une femme, Orna Bar-Bivai, anciennement chef du service du personnel de Tsahal, a, quant à elle, atteint le grade de général de division : seul le chef d’état-major a un rang supérieur. Mais dans la pratique, explique Sasson-Levy, le plafond pour les femmes est fixé au grade de lieutenant-colonel, soit trois rangs en dessous du général de brigade.

Le nerf de la guerre

La lieutenante Liz Tzrorchen, conseillère en matière d’égalité des sexes auprès du chef d’état-major, vient d’un milieu religieux. Elle a servi comme officier du renseignement dans une unité de blindés et comme commandant d’un bataillon opérationnel. Elle confirme : certains commandants ont encore du mal à se faire à l’idée qu’une femme puisse opérer en territoire ennemi, même quand il s’agit de médecins ou de rôles de soutien au combat, comme cela a pourtant été le cas lors de la première guerre du Liban en 1982 au conflit à Gaza de l’an dernier. Tzrorchen, quant à elle, a pris le parti de renoncer aux champs de bataille quand elle a décidé de fonder une famille avec son non-militaire de mari.
C’est seulement en 2000 que le poste de conseillère qu’elle occupe a été créé, dans le but de promouvoir l’avancement des femmes dans l’armée. Car jusqu’à récemment, la plupart des soldates étaient systématiquement orientées vers des positions stéréotypées de cuisinières, secrétaires, formatrices. Tandis que les hommes étaient avant tout vus comme des combattants potentiels, confie-t-elle. « Il y a eu quelques changements, mais l’armée n’est pas encore totalement paritaire », juge-t-elle.

Le cas d’Alice Miller est un bon exemple du combat que les femmes ont à mener. En 1995, la jeune femme demande à la Cour suprême de sommer l’armée israélienne de lui permettre de passer les examens d’entrée pour intégrer le cours de pilotage militaire. Un geste qui contraint alors Tsahal à revoir sa politique sur les militaires femmes et leurs rôles au sein de l’armée, explique Tzrorchen. Au cours des premières années qui ont suivi la création de l’Etat, certaines femmes officiaient comme pilotes, mais la filière leur avait ensuite été fermée. Jusqu’en 1996, suite à l’appel de Miller.
Un des freins au changement était d’ordre financier. Devant la plus haute instance juridique du pays, l’armée avait ainsi insisté sur le fait qu’il était économiquement irréalisable de construire des installations spécifiques destinées au petit nombre de recrues féminines. « Mais la Cour suprême leur a dit que l’égalité avait un prix, et c’est ce qui a donné lieu aux évolutions que nous pouvons constater aujourd’hui », pointe-t-elle.
Si Alice Miller a ouvert la voie à nombre de ses consœurs, elle sera elle-même disqualifiée à cause des examens médicaux. Depuis, près de 40 femmes ont réussi la formation de pilote de chasse et exercent ce métier. La première diplômée est la petite-fille de deux chefs de l’insurrection du ghetto de Varsovie, sortie de l’école de vol en 2001.

Un environnement adapté

« Je veux que toutes les unités soient ouvertes aux femmes, car elles sont une source de main-d’œuvre, maintenant que le service des hommes a été réduit. Nous avons compris que la parité était une chose importante, cependant, nous avons aussi besoin d’une armée efficace pour gagner les guerres et nous ne voulons pas mettre nos forces en péril », explique Tzrorchen. « Nous voulons recruter les femmes sur leurs seules capacités, et non selon leur sexe. Si une femme ne peut pas satisfaire aux exigences physiques, elle ne sera pas acceptée. »

Tzrorchen consacre l’essentiel de son temps à passer en revue toutes les positions au sein de l’armée pour voir si, et comment, elles peuvent s’adapter aux femmes. Parfois, le manque de matériel approprié est utilisé comme excuse pour exclure les soldates, dit-elle. Elle doit donc déterminer des ajustements à opérer pour répondre aux besoins de la gent féminine, comme par exemple, le fait de redessiner des gilets de combat en fonction du centre de gravité du corps féminin ; s’assurer que les bottes de combat comptent suffisamment de petites pointures ; remplacer les lourdes échelles utilisées par les techniciens des forces aériennes par d’autres semblables, mais en aluminium ; ou encore mettre sur roue les lourdes boîtes à outils pour que les femmes puissent facilement les déplacer.
« Nous devons créer un environnement qui permette aux femmes soldats de réussir. Aujourd’hui, l’environnement est adapté aux hommes. Nous pouvons en créer un qui soit bon pour les femmes sans être trop onéreux », avance-t-elle.

La prochaine Alice Miller


Le docteur Zeev Lerer, du centre Peres de l’université de Tel-Aviv, va dans le même sens. Ce lieutenant-colonel, aujourd’hui à la retraite, a travaillé de 2003 à 2009 au sein du bureau du conseiller du chef d’état-major sur les questions liées aux femmes. Lui aussi fait référence au cas Alice Miller, en 1995. Mais note avec ironie que « peu de choses ont changé depuis ». Il y a eu une ébauche de mouvement dans la bonne direction pendant quatre ou cinq ans, dit-il, et puis cela s’est arrêté dans les années 2000, principalement en raison de certains éléments du courant national-religieux qui ne veulent pas de femmes dans l’armée, ou du moins, cherchent à leur éviter tout contact avec des soldats de sexe masculin, en les bannissant des unités de combat.

« Les images de femmes portant des fusils ont une grande valeur en termes de relations publiques », explique Lerer, « mais cela ne constitue pas un signe d’intégration ». En fait, accuse-t-il, l’armée israélienne contrevient à la loi sur le service national, qui stipule en toutes lettres que toutes les positions militaires sont ouvertes aux femmes comme aux hommes. Un manquement également préjudiciable aux recrues masculines qui ne seraient pas forcément qualifiées pour les rôles de combat, mais sont contraintes d’occuper ces postes par le système en raison du manque de main-d’œuvre.
« Si l’armée ne change pas, c’est tout simplement parce que cela lui est confortable. Il y a dans ses rangs des hommes officiers qui ne comprennent toujours pas pourquoi il faut intégrer des femmes. Qui perpétuent une culture du refus de voir des femmes à des postes de combat », soutient-il. Et Lerer de conclure : « L’armée israélienne se sent bien telle qu’elle est. Elle ne souhaite pas apporter de modifications. Et cela pourra rester comme ça, jusqu’à ce qu’une autre affaire judiciaire la contraigne au changement. Et je pense que ce jour est proche. » 

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