Israël déclare la guerre à la cigarette électronique

Fumer faux ou vrai ? Telle est la question

By AVI SABBAH
June 17, 2014 11:55
4 minute read.
Cigarette électronique

Cigarette électronique. (photo credit: DR)

 
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«C’est nuisible pour ta santé », « C’est plus cancérigène que trois paquets par jour ». Dans les bus, les bars, à la pause déjeuner, et même en pleine rue, comme c’est toujours le cas en Israël, le débat s’installe vite lorsque vous sortez votre petit appareil sophistiqué. Si en Europe et dans bien d’autres régions du monde la cigarette électronique se répand comme une traînée de poudre (avec l’indulgence des pouvoirs publics), en Israël son apparition déchaîne les passions. Certains n’hésitent pas, cigarette au bec, à stigmatiser l’engin : « Tu veux mourir à ton âge ? Ils ont trouvé 400 substances toxiques. Elles pénètrent dans les poumons et causent des paralysies incurables ». Et le spectre des menaces s’agite bel et bien autour des fumeurs…
La cigarette électronique, ou e-cigarette, est devenue très à la mode dans les pays occidentaux, notamment auprès des jeunes.

Il s’agit d’un dispositif électromécanique qui produit une fumée artificielle ressemblant visuellement à celle émanant du tabac. Cette vapeur peut être aromatisée ou contenir de la nicotine. Selon les premières études scientifiques, elle contiendrait des particules cancérigènes, mais en faible quantité.

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L’engin dépasse de loin les substituts disponibles jusqu’à maintenant – patchs et gommes à la nicotine – certes adaptés à la dépendance chimique, mais pas au rituel comportemental. Le quotidien israélien Yediyot Aharonot s’est emparé de la question en faisant état du rapport du ministère de la Santé. Ce dernier estime que la présence en nicotine est largement supérieure à une cigarette normale et son taux de concentration est très élevé.
Conclusion : la fabrication, l’importation et la commercialisation des cigarettes électroniques pourraient être interdites sur le territoire israélien pour une durée de cinq ans minimum. La loi sera soumise au vote de la Knesset d’ici 4 mois. Si elle devait être votée, Israël rejoindrait alors la liste des pays ayant interdit la commercialisation de la e-cigarette et emboîterait ainsi le pas au Brésil, Canada, à la Norvège et Hong Kong.

Près d’un Israélien sur cinq est fumeur


Le professeur Itamar Grotto, directeur des services de la santé publique, estime que « la cigarette électronique représente un véritable danger » et justifie une telle interdiction en s’appuyant sur les arguments classiques : la e-cigarette contiendrait plus de nicotine qu’une cigarette traditionnelle et ouvrirait la voie à la banalisation du tabac.
Enfin, les e-liquides seraient composés d’éléments chimiques dangereux, comme le propylène glycol qui peut causer des problèmes respiratoires, rénaux, d’infertilité et du système nerveux, auxquels s’ajoutent plusieurs agents cancérigènes.
Pourtant, certaines de ces substances se trouvent également dans les boîtes de conserve et les médicaments qui permettent de lutter contre l’asthme.

Mais alors, au vu de cette inquiétude soudaine pour la santé des citoyens israéliens, pourquoi la taxe sur le tabac est-elle de 278,6 %, alors que celle de la cigarette électronique se rapproche de zéro ? Pour l’heure, en tout cas, quelques jours après la journée mondiale contre le tabac (31 mai) l’impact de l’e-cigarette se fait bel et bien sentir sur les ventes des paquets de cigarettes, déjà affectés par la hausse des prix et l’interdiction de fumer en public.

Si les incidences de l’e-cigarette sont encore à l’étude, une chose est sûre : le tabac tue. La caisse d’assurance maladie israélienne Clalit vient de publier des chiffres transmis par le ministère de la Santé et qui font froid dans le dos : en 2014, 7 670 Israéliens décéderont des effets du tabac, parmi eux 775 à cause du tabagisme passif.
Des données troublantes, auxquelles viennent s’ajouter celles de l’association HaAmouta neged Ichoune (l’association contre le tabac), qui lutte contre le tabagisme. L’organisme s’alarme sur un rapport publié par Yediyot Aharonot indiquant que 18,7 % des Israéliens âgés de plus de 21 ans ont consommé régulièrement du tabac en 2013. Yuval Kleener, son représentant, assure que ce rapport constitue la pièce centrale du dossier pour sensibiliser la population contre le tabagisme dans l’Etat hébreu.

Pas de « vapotisme passif 
»

Néanmoins, le tabac fait déjà l’objet d’une législation spécifique qui concerne à la fois sa taxation, mais aussi son utilisation et sa promotion, théoriquement de plus en plus restreinte en Israël. La loi de 1987, interdisant de fumer dans les lieux publics, a été élargie aux bars et discothèques en 2007.
Mais l’association dénonce certaines incohérences. La vente de cigarettes à l’unité est rigoureusement interdite. Pourtant, cette pratique progresse chez la plupart des buralistes. Autre divagation : la loi antitabac n’est quasiment plus appliquée dans les cafés, discothèques et certains restaurants. Les amateurs constateront rapidement que leurs vêtements sont imprégnés d’odeur de fumée. Un relâchement sérieux dans les endroits publics, qui laisse indifférentes les autorités israéliennes. Pour mémoire, très peu d’avertissements ont été émis de la part du ministère de la Santé.



Alors quels pourraient être les palliatifs ? Pour beaucoup, l’e-cigarette s’impose comme un remède essentiel pour faire cesser la tabacomanie, largement plus rentable que les gommes et les patchs. Sa fumée n’en est pas vraiment ; il s’agit en fait de vapeur qui disparaît rapidement dans l’air. Pas de nuage de fumée stagnante et donc, pas d’odeur dérangeante pour l’entourage.
Sa cartouche utilise en outre nettement moins de ressources que la production d’un paquet de cigarettes et laisse moins de déchets. Autre point crucial : la taxe sur le tabac augmente sans cesse, alors que l’e-cigarette n’est pas soumise à ces impôts. Elle peut réduire considérablement le budget des fumeurs et soulager leur portefeuille.
La loi contre la cigarette électronique en Israël attend donc de voir son sort scellé. Les services de santé continuent à suivre les conclusions des recherches avant de rendre une décision définitive. 

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