La victoire inattendue de Bouji. Le nouveau leader d’Avoda, Isaac Herzog, dit Bouji, a promis à ses partisans de mener à nouveau les travaillistes au pouvoir et de reprendre le bureau du Premier ministre. Herzog a remporté 58,5 % des suffrages exprimés, contre 41,5 % pour Shelly Yachimovich, candidate sortante. La participation ne s’est élevée qu’à 52 %. « Nous travaillerons nuit et jour pour rendre au parti la place qui lui revient », a déclaré Herzog à ses fidèles venus fêter sa victoire. « Nous embarquons pour un nouveau voyage aujourd’hui, à la fin duquel nous serons à nouveau un grand parti qui sera à même de défier le gouvernement israélien et d’être à la tête du pays ». Qualifiant la période actuelle de fatidique pour Israël, le nouveau président a appelé le Premier ministre Binyamin Netanyahou à avancer au sujet du processus de paix avec les Palestiniens et a questionné ses intentions sur ce point. Il n’a donné aucune indication au sujet de ses supposées velléités de rejoindre le gouvernement Netanyahou, contrairement à ce que Shelly Yachimovich lui a reproché à plusieurs reprises durant la campagne. Dans une interview accordée à Aroutz 2, dans la soirée de samedi 23 novembre, il a précisé que « cela n’avait pas de sens de joindre le gouvernement Netanyahou en l’état », ajoutant que le Premier ministre savait pertinemment qu’il ne souhaitait pas y participer. Il devait rencontrer Netanyahou cette semaine, après son investiture formelle en tant que leader de l’opposition. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fait partie des personnalités qui ont téléphoné à Herzog. Ce dernier a d’ailleurs dit qu’il rencontrerait bientôt le leader palestinien. Le nouveau leader a été acclamé par ses partisans lorsqu’il est arrivé au siège de son parti vendredi. Sous une pluie de confettis, ils ont chanté « Ouh, aah, qui voilà ? Le futur Premier ministre, quoi ! » et « Yalla, Bibi, rentre chez toi ! ». Fils de l’ancien président Haïm Herzog, le nouveau chef du parti travailliste a affirmé qu’il était bien conscient de la responsabilité qui lui incombait et qu’il essaierait d’incarner au mieux le rôle de ses prédécesseurs. 8 présidents en 12 ans De son côté, Shelly Yachimovich a appelé Herzog pour admettre la victoire de celui-ci quand il devenait évident qu’elle ne pouvait plus le rattraper. Elle a félicité son adversaire et les deux se sont mis d’accord pour travailler ensemble afin de promouvoir les objectifs du parti. Dans son discours, Herzog a indiqué qu’il se réjouissait de diriger le parti aux côtés de Shelly Yachimovich et qu’il n’y avait plus de camps séparés dans la formation désormais unie. A noter cependant qu’aucun des 9 députés qui la soutenaient n’a assisté à la célébration de Buji. Le parti travailliste a changé huit fois de leader depuis 2001. Shelly Yachimovich, qui a occupé la présidence du parti pour deux ans et deux mois, a demandé à ses partisans samedi soir de ne pas déstabiliser Herzog de la même façon que ses opposants l’avaient, selon elle, sabotée. La candidate sortante s’est dite surprise par les résultats, mais néanmoins a affirmé qu’elle resterait dans le parti et que ses militants devraient en faire autant. Sur sa page Facebook, elle a remercié ses soutiens et leur a vivement conseillé de ne pas abandonner la vision sociale-démocrate des travaillistes. L’ensemble de la classe politique israélienne a congratulé Herzog : parmi ces félicitations, on compte celles du président Shimon Peres, de la ministre de la Justice Tzipi Livni, de la présidente du Meretz Zehava Gal-On, du ministre des Finances Yaïr Lapid et du président de Bayit Yehoudi Naftali Bennett.