A l’instar de nombreux secteurs de la capitale, l’histoire de Ramot est étroitement liée à celle d’Israël, et aux conflits qui se sont succédé sur son territoire. Au moment de la guerre d’Indépendance, la zone se trouve sur la ligne de front. Puis à l’issue de l’affrontement, elle est devenue propriété de la Jordanie. La situation évolue toutefois dans le sillage de la guerre des Six-Jours. Israël contrôle alors l’ensemble du territoire jordanien qui formait auparavant la Palestine sous mandat britannique ; y compris les parties orientales de Jérusalem qui, après la guerre de 1948, se situaient au-delà des lignes de cessez-le-feu. Aujourd’hui, Ramot, également connue sous le nom de Ramot Allon, est un grand quartier urbain au nord de Jérusalem. Elle a été fondée en 1974, dans ce qui est perçu comme le site de l’ancienne ville biblique de Rama, où le prophète Samuel a vécu, est mort, et a été enterré. Comme il est dit : “Et Samuel mourut, et tout Israël pleura ensemble et porta le deuil. Et on l’enterra près de son domicile de Rama.” (Samuel 25 : 1) Selon les commentaires bibliques, Rama, qui d’après les normes actuelles n’était probablement pas plus grand qu’un village, se situait dans l’un des endroits les plus élevés des collines de Judée. Précisément là où se trouve la Ramot moderne, à 885 mètres au-dessus du niveau des mers. Aux abords de la ville actuelle, se trouve en outre une tombe que l’on dit être celle du prophète. Le site, qui a été constamment habité depuis les temps bibliques, était un lieu d’importance stratégique pour sa hauteur et sa proximité avec Jérusalem. L’Autorité des Antiquités bibliques a retrouvé des restes d’ustensiles de ménage datant des époques hellénistique et romaine, ainsi que les vestiges d’une forteresse des Croisés, sorte de petit château ou de maison de campagne fortifiée. Les archéologues ont également découvert des tessons de poterie, des fragments de bocaux et autres pots de cuisson de la première période ottomane. Dans le centre de Ramot, se dresse aujourd’hui un monticule que les habitants arabes locaux ont baptisé Khirbat Tililiya. Il regroupe les restes d’une ancienne forteresse en ruine. Il n’est toutefois pas lié à la forteresse des Croisés et l’Autorité des Antiquités l’a daté de la période des Asmonéens et d’Hérode. Evolution démographique Ramot a vu le jour dans le cadre d’une chaîne de quartiers qui entourent Jérusalem ; la colline sur laquelle elle se trouve surplombe les terres historiquement attribuées à la tribu de Benjamin. Après la mort de Yigal Allon, ancien ministre et général, le quartier a été rebaptisé Ramot Allon, en l’honneur de celui qui s’était révélé un élément moteur dans la création de cette périphérie. Située sur un axe nord-ouest du centre historique de Jérusalem, Ramot est construite sur deux crêtes allongées, d’environ 100 à 200 mètres au-dessus de la zone environnante. La route Golda Méir qui mène à Tel-Aviv divise en deux le quartier. Point fort de Ramot : son accessibilité, en raison de son excellent réseau routier. A 50 minutes environ de Tel-Aviv et moins d’un quart d’heure du centre de Jérusalem, le quartier est également à proximité du parc industriel Har Hotzvim (cinq à sept minutes en voiture). Aujourd’hui, forte d’une population de plus de 60 000 âmes, Ramot compte parmi les plus grands quartiers de la capitale. Et comme nombre de ses voisins, elle a vu un changement démographique s’opérer en son sein. Au moment de sa fondation, comme la majorité des périphéries, ses premiers habitants étaient essentiellement des laïcs, agrémentés de quelques résidents sionistes-religieux. Avec le temps, en partie parce que les prix des logements restaient relativement bas, les ultra-orthodoxes se sont faits de plus en plus nombreux, jusqu’à devenir majoritaires. Aujourd’hui, 75 % de la population de Ramot est haredi. Architectures d’hier et d’aujourd’hui D’un point de vue architectural, divers styles se côtoient. Les premiers bâtiments ont été construits dans le style “patio” : un ensemble d’immeubles réunis autour d’une cour centrale. D’autres ont été érigés plus tardivement, indépendamment. Dans l’intervalle, de grandes maisons ont vu le jour via notamment le projet Bnei Beitecha, qui permet aux futurs propriétaires de recevoir des terres pour construire leurs propres habitations, familiales ou jumelées. L’un des points de repère incontournables du quartier : la sculpture en bronze de dix mètres de haut, qui représente un drapeau américain se transformant en flammes, dévoilé dans le cadre d’un mémorial de 2 hectares pour les victimes des attentats du 11 septembre 2001. Situé dans ce qui est connu sous le nom de la Vallée d’Arazim, il a été le premier monument en dehors de New York à lister les noms des 2 974 victimes. D’après le sculpteur Eliezer Weishoff, toutefois, le mémorial aurait dû être déplacé de 180 mètres pour permettre le passage des gazelles en migration. Une partie de la base de granit gris, issu des tours jumelles du World Trade Center d’origine, a été offerte par la municipalité de New York. Parmi les personnalités qui ont assisté à la cérémonie de dévoilement du monument à Ramot, on trouvait l’ambassadeur des Etats-Unis James Cunningham. Ramot est toujours en expansion et abrite aujourd’hui une grande communauté anglophone. Selon Alyssa Friedland, de l’agence immobilière Re/Max Vision, les prix dans le quartier, comme dans l’ensemble de la capitale, ont augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières années. “La variété des styles de construction et de type d’appartements offre aux acheteurs un large choix”, précise-t-elle. “Les petits appartements de trois pièces dans de grands complexes sont bon marché et répondent aux nombreux couples jeunes, à la recherche de leur première habitation.” Les logements de petite superficie sont également très prisés par la communauté ultra-orthodoxe. Les prix varient de 1,2 à 1,35 million de shekels. Un appartement de quatre pièces peut coûter de 1,45 à 1,6 million de shekels, et une maison est estimée dans une fourchette de prix de 2 à 3,5 millions de shekels. Certaines vastes propriétés bien aménagées avec un grand terrain ont même été vendues pour 6 millions de shekels.