Approbation, dimanche 1er juillet, de la hausse du déficit budgétaire à 3 % du PIB par le cabinet ministériel. Le Trésor et la Banque centrale y étaient pourtant fortement opposés. L’objectif reste toutefois de revenir à 1,5 % du PIB d’ici 2019. “Je pense que c’est le bon dosage”, a déclaré le Premier ministre Binyamin Netanyahou en ouverture du conseil des ministres, dimanche 1er juillet au matin. Le budget corrigé correspond aux critères de l’Union européenne, a continué Netanyahou, soulignant que l’Allemagne est sans doute le seul pays membre à ne pas dépasser la barre des 3 %. “Nous changeons l’objectif de dépenses. En fin compte, c’est ce qu’un gouvernement contrôle et nous nous y tenons scrupuleusement comme nous l’avons toujours fait”, a continué le Premier ministre. Point négatif cependant : “certaines taxes” augmenteront l’année prochaine et d’autres mesures pourraient être prises pour respecter les objectifs de dépenses et de déficit. “Lorsque j’étais ministre des Finances en 2003, et aujourd’hui encore, j’ai toujours souhaité ne pas trop augmenter les impôts... Augmenter les impôts, c’est réduire la croissance. Et réduire la croissance, c’est augmenter le chômage et en fin de compte, augmenter le déficit”, a ainsi expliqué Netanyahou. Selon le ministre des Finances, Youval Steinitz, ces nouveaux objectifs respectent la politique de responsabilité fiscale du gouvernement et se situent dans la continuité du ratio de 60 % de dette-PIB désiré. Il s’agit également de l’objectif des membres de l’Union européenne. En 2011, la dette israélienne était à hauteur de 74 % du PIB. Le plan de Netanyahou et Steinitz s’est cependant retrouvé sous le feu des critiques la semaine dernière. Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fisher, et le directeur des budgets au ministère des Finances ont notamment exhorté le gouvernement à retourner à un objectif de 2,5 % de déficit. Fisher, qui exprime pourtant rarement son désaccord en public, a mis en garde contre de potentielles conséquences désastreuses pour l’économie. Le déficit pourrait atteindre 3,4 ou 3,5 % cette année, a-t-il estimé au cours du Forum de Césarée, voire même exploser à 7 ou 8 % en cas de déficit fiscal. Si un tel scénario devait arriver, “nous serions incapables de gérer le problème”. “La liberté fiscale” : le 9 juillet Corinne Sauer, directrice de l’Institut de Jérusalem pour les études de marché, a également averti, dimanche, que le plan représentait un danger pour l’économie. Un déficit plus élevé signifie que le gouvernement se verra obligé de lever des impôts supplémentaires dans quelques années afin de rembourser la dette, alors que “les Israéliens protestent déjà contre les lourdes taxes”, at- elle dit. Et d’ajouter que la prudence budgétaire et des impôts plus bas seraient une voie plus conseillée. “Sur les 192 jours par an que les Israéliens travaillent pour le gouvernement, 68 sont employés à rembourser des dettes passées. Ce qui doit nous rappeler que lorsque l’Etat emprunte pour financer ses dépenses, le douteux bénéfice à court-terme mène en général à une augmentation conséquente des impôts pour les générations suivantes”, a-t-elle expliqué.Les études d’IJEM montrent ainsi que les Israéliens commenceront à gagner de l’argent pour leur consommation ou leur épargne personnelle seulement à partir du 9 juillet cette année. Le “Jour de la liberté fiscale”, date à laquelle un peuple commence à travailler pour luimême, arrivera 11 jours plus tard en 2012 que l’année dernière. Ce qui marque un retour à la situation de 1990 à 2009, où les Israéliens ont travaillé d’avantage pour les impôts que pour eux-mêmes. Le Jour de la liberté fiscale est calculé en fonction du ratio entre l’ensemble des taxes payées par une population et le revenu national net. Ce total fiscal ne représente pas seulement l’impôt sur le revenu, mais également la TVA, l’impôt municipal, à l’import, des sociétés, sur les véhicules, l’essence etc. Toujours selon l’IJEM, le revenu net national devrait augmenter cette année de 3,2 %, mais les impôts sur le revenu devraient croître de près de 10 %. Le fardeau fiscal israélien est plus lourd qu’aux Etats- Unis, où le Jour de liberté fiscale est fêté le 17 avril, qu’au Royaume-Uni où l’on peut commencer à économiser le 29 mai et au Canada, qui libère ses sujets le 11 juin. Les impôts restent moins élevés qu’en Allemagne, en France, en Belgique et en Hongrie.