Unité et diversité

Un nouveau centre éducatif et culturel est en construction. Il tend à servir et à renforcer la communauté nationale-religieuse de Beit Shemesh.

Beit Shemesh center 521 (photo credit: Courtesy)
Beit Shemesh center 521
(photo credit: Courtesy)
La communauténationale-religieuse de Beit Shemesh semble assurée que l’acrimonie et laviolence, dont elle a été victime de la part de ses voisins haredim l’andernier, n’existent plus. Les incidents, largement rapportés par les médiasnationaux et internationaux, ne se sont pas renouvelés et les haredim paraissentdésormais pacifiques. La confiance de la communauté nationale-religieuse reposeaussi sur la construction d’un centre éducatif et culturel de 1 000 mètrescarrés, à Ramat Neiria, sur le campus des écoles publiques religieuses.Effectivement, les initiateurs du projet, dont l’on prévoit l’achèvement d’icila fin 2013, comptent renforcer ainsi la présence nationale religieuse dans larégion.

Le centre est situé près de l’école élémentaire Orot, à la frontière duquartier de Ramat Beit Shemesh Bet. C’est précisément là, il y a un anexactement, que les haredim ont harcelé des petites filles qui se rendaient àl’école.

Le centre est le projet de Shaalei Torah, un réseau religieux sioniste, établien 1988, et qui a pour but d’apporter «un changement réel et à long terme dansles zones périphériques israéliennes.» Les écoles Orot à Beit Shemesh sontd’ailleurs sous l’autorité de Shaalei Torah.

Une revendication violente 

Enfin, un fait ironique consolide encore la foi dela communauté nationale religieuse : le harcèlement et le vandalisme desharedim étaient en partie motivés par la revendication, pour leur propre réseauscolaire, d’un bâtiment municipal.

L’édifice, qui abritera le nouveau centre éducatif et culturel, n’appartienttoutefois pas à la ville. Jordan Klein, porte-parole du réseau, souligne qu’«il appartient et restera la propriété de Shaalei Torah, nous voulons qu’il soitle centre de la communauté nationale-religieuse, de façon à ce qu’elle soitdéfinitivement établie ici ». La municipalité s’est donc contentée d’autoriserla construction. Rabbi Rahamim Nissimi, directeur exécutif de Shaalei Torah,confirme les propos de Klein : « Nous avons réussi à stopper ce mouvementhostile des haredim. D’ailleurs, ils ne construisent plus dans les environs, nimaisons, ni centres commerciaux, ni entreprises. Notre communauté se sent plusrassurée sur son avenir. » Klein rappelle l’atmosphère de l’année précédente :« Notre communauté était inquiète que la ville ne devienne haredie et que lacommunauté nationale-religieuse ait à partir. » Plutôt que de rester passive,elle a décidé de défendre ses droits et ceux des autres résidents non haredimde la région, puisqu’une partie de la population est laïque. A la suite de cesmanifestations, le calme est revenu et les filles de l’école élémentaire sontallées à l’école sans se faire insulter ou menacer.

Deux fillettes réhabilitées 

Selon Klein, les communautés séculaires etnationales-religieuses « ont géré le conflit de manière très raisonnable. Lesmanifestants n’ont pas appelé à la vengeance, mais à la paix et au respect, etnous avons finalement atteint cet objectif. La communauté haredie semble avoircompris que ses actions desservaient leur communauté. » Klein reconnaît que lesresponsables sont des extrémistes minoritaires dans la population haredie. « Jene suis pas au courant de ce qui se passe à l’intérieur de cette communauté »,concède-t-elle, « mais le conflit est passé. Depuis les choses se sont calmées,chacune des communautés a trouvé une manière de cohabiter dans le respect et latolérance ».

Selon la documentation de Shaalei Torah, « le projet sera le centre de lacommunauté nationale-religieuse de Beit Shemesh et un espoir pour la jeunepopulation défavorisée des quartiers avoisinants. » Le centre s’adressera nonseulement aux 900 élèves approximativement qui vont aux écoles élémentairesOrot – une pour garçons et une pour filles – mais aussi à ceux des autresécoles et de différents milieux. Parmi les installations du centre : ungymnase, un hall, un centre pour les tests d’éducation, les cours de rattrapageet les services d’assistance. Le hall sera utilisé pour les cérémonies, lesoffices religieux, les événements communautaires et les spectacles.

Dror, le centre « liberté » 

Il sera dédicacé à Rikki et Raheli Menora,anciennes élèves du lycée de jeunes filles de Shaalei Torah, qui, le 13 juillet2010, sont mortes, ainsi que leur grand-père et leur cousin, dans un accidentd’avion. La mère des deux jeunes filles, Sima Menora, a créé en leur mémoire lafondation Dror, qui signifie en hébreu : « liberté » et est l’acronyme de «Derekh Rikki VeRaheli », la voie de Rikki et Raheli. La fondation a pour but «d’encourager l’initiative et le pouvoir des femmes ». Le centre fournira desévaluations, des cours particuliers et de rattrapage, une aide éducative et desthérapies - aux filles comme aux garçons, ainsi qu’aux nouveaux immigrants.Klein rappelle que l’une des soeurs, Menora, avait d’ailleurs bénéficié avecsuccès d’une évaluation scolaire et d’un soutien scolaire.

Selon Nissimi, le projet est en cours de réalisation depuis au moins trois anset le maire, Moshé Aboutboul, le soutient avec ferveur. Les plansarchitecturaux sont maintenant « complets et prêts à être exécutés », conclutKlein.

Selon de nombreux résidents, il manque aussi à Beit Shemesh un programme deloisirs pour les adolescents et jeunes adultes.

Nombreux sont ceux qui vont jusqu’à Modiin ou Jérusalem parce qu’il n’y a riendans leur propre ville. Klein envisage donc d’utiliser le nouveau centre dansce but.

« Si nous recevons des fonds, nous serions contents d’ouvrir le centre sixjours sur sept. Nous sommes tout à fait prêts à répondre aux besoins de lacommunauté.

Nous voulons travailler de concert avec les donateurs pour mettre en place desprojets que la communauté désire. »