Santé, défense, éducation,... Rien n’a été laissé au hasard, dans le cinglant rapport annuel de Micha Lindenstrauss. Le contrôleur de l’Etat a présenté son épais document, mardi 1er mai, au président de la Knesset, Reouven Rivlin. Soixante-quatre chapitres détaillent chaque corps du gouvernement, pour s’attarder plus particulièrement sur certains points jugés sensibles : l’armée et autres organisations étatiques. Le ministère de la Santé est notamment accusé de gaspiller d’énormes sommes de l’argent public. Celui de la Défense n’est pas laissé pour compte : le rapport révélant que son directeur général, Oudi Shani, aurait violé certaines lois d’exportation en approuvant différents contrats polémiques. Lindenstrauss reconnaît avoir mis l’accent sur différentes problématiques actuelles. “Le rôle du gouvernement et du secteur public est de servir les citoyens de l’Etat”, précise-t-il. Son rapport examine la façon de réduire le fardeau bureaucratique de la fonction publique. Selon lui, nombre d’organismes publics imposent une “charge bureaucratique lourde et inutile aux propriétaires d’entreprises et aux résidents, au point d’éroder la confiance du public dans la fonction publique”. Une relève difficile Rivlin a remercié Lindenstrauss pour son travail en tant que contrôleur de l’Etat. Son rôle ? Inspecter les ministères, institutions publiques, l’armée et les services de sécurité, ainsi que tous les organismes gérés par l’Etat. Le bureau de Lindenstrauss est devenu une entité indépendante, qui permet un contrôle quasi permanent, a précisé Rivlin. Le dernier rapport est le plus important en termes de conséquences. Une attention toute particulière a été portée aux sections les plus faibles de la société israélienne et au service des ultra-orthodoxes dans l’armée. “Il n’y a pas de démocratie sans critique”, a assuré le contrôleur de l’Etat qui présentera deux autres rapports avant de prendre sa retraite : l’un sur l’incendie du Carmel, l’autre sur l’affaire Harpaz. Le premier est quasiment complet, a annoncé Lindenstrauss. Il n’attend qu’un dernier témoignage pour être conclu et sera présenté au cours du mois à venir. Pour le second, ce n’est qu’une question de jours. Durant son mandat de sept ans en tant que contrôleur de l’Etat, Lindenstrauss s’est révélé un chasseur implacable de la corruption au sein du gouvernement. Son mandat prendra officiellement fin le 3 juillet prochain. La Knesset votera son remplacement lors d’un scrutin secret, le 14 mai. Le juge Joseph Shapira est d’ores et déjà pressenti comme son successeur le plus probable. D’autres candidats potentiels ont jusqu’à vendredi pour présenter leur candidature. Le président de la Knesset aimerait voir deux autres candidats.