Rishon Letsion est la 4e plus grande ville d’Israël après Jérusalem, Tel-Aviv
et Haïfa. Sa population compte aujourd’hui quelque 250 000 personnes. Pourtant,
ses à ses débuts, elle n’était qu’une bourgade modeste.
Tout comme Petah Tikva, Rehovot et Hadera, elle trouve son origine dans les
colonies agricoles établies de la Palestine alors sous mandat turc. Petah Tikva
étant pionnière, Rishon sera la seconde.
Rishon Letsion, ou « la première à Sion », voit le jour en 1882, fondée par dix
pionniers juifs originaires de Kharkov, en Ukraine, alors partie intégrante de
l’Empire russe. Ils achètent 338 hectares de terre, au sud-est de l’actuelle
Tel- Aviv, qui appartenaient à un village arabe du nom d’Ayoun Kara. Ayoun Kara
a été la scène d’une bataille sanglante entre les Turcs et le régiment
néo-zélandais de l’armée britannique, le 14 novembre 1917. Un cénotaphe de
pierre sera ainsi érigé par les habitants de Rishon en souvenir des
Néo-Zélandais tombés ce jour, mais il est aujourd’hui détruit.
Ses fondateurs, qui n’étaient pas habitués au travail agricole, vont rencontrer
de nombreuses difficultés. Le sol était sablonneux, l’eau insuffisante et ils
manquaient d’expérience.
C’est le baron Edmond de Rothschild qui décidera de prendre sous son aile les
implantations agricoles, en envoyant des administrateurs expérimentés, qui
conseillent aux habitants de planter des citronniers et des vignes. Ils
joueront un rôle clé dans l’établissement des vignobles du Carmel, les premiers
du genre en Palestine.
La ville moderne n’a pas conservé grand-chose de son histoire. Aujourd’hui,
tous ses vergers de citronniers et ses vignes ont été reconvertis en zones de
logement.
Certes, la municipalité a préservé et restauré ses bâtiments historiques, comme
l’ancienne vinerie et le parc, symboles d’une gloire passée, mais la cité
actuelle n’a rien de commun avec le village agricole d’antan.
Quand l’est s’aligne sur l’ouest
Rishon obtient le statut de ville en 1950,
alors forte d’une population de 10 000 personnes. Elle est localisée dans la
partie sud de la région de Dan, avec Ness Ziona au sud, Holon et Bat Yam au
nord, la grande base militaire de Tzrifin à l’est et la mer Méditerranée à
l’ouest.
Depuis les années 1970, Rishon connaît un développement fulgurant. De nombreux
projets de construction voient le jour avec l’arrivée du maire Meir Nitzan, élu
en 1983. Et de nouveaux quartiers sortent de terre. Dans les années 1980,
l’augmentation de la population était 2,5 fois supérieure à la moyenne
nationale. En 2020, on prévoit 315 000 habitants.
Géographiquement, Rishon peut être divisé en quatre zones : la vieille ville,
située dans ce qui était alors la zone résidentielle au 19e siècle ; l’est en
construction ; l’ancienne zone industrielle du nord ; et l’ouest de la ville.
Un autre secteur industriel existe au sud de la cité, près du Gan Sorek.
La vieille ville, située au coeur de l’actuelle cité, comprend des bâtiments
datant de sa fondation en 1881. Elle se trouve entre et autour des rues Herzl
et Jabotinsky. Les zones industrielles ne sont plus si industrielles. Elles
constituaient auparavant des points de chute pour de petites industries.
Aujourd’hui, on y trouve des édifices commerciaux ou centres de loisirs qui
génèrent une vibrante vie nocturne, et des bureaux.
Les nouveaux quartiers, ceux construits dans les années 1980 et 1990, se
concentrent dans la partie ouest de la ville. Plus près de la mer, la zone est
plus chère. A l’est, au contraire, le secteur est connu pour être
historiquement un des moins aisés. Des familles à revenus moyens et bas y
vivent. Mais dans cette ville en expansion, tout est en cours de changement à
vitesse grand V, car de nouveaux terrains de construction sont désormais
disponibles.
L’immense base militaire de Tzrifin s’est déplacée au sud et des développeurs
sont déjà en lice pour obtenir les terres, dans ce qui est sur le point de
devenir un grand quartier d’habitations de qualité. Comptant aujourd’hui 88 000
habitants et 28 750 logements, la zone se verra bientôt étoffée de 20 000
logements soit quelque 80 000 futurs résidents.
Selon Dov Zur, le maire en fonction, la partie est de la ville a été trop
longtemps négligée. Ce qui est en cours de changement aujourd’hui. « Quand j’ai
été élu, il y a 3 ans et demi, j’ai décidé de favoriser la zone et d’améliorer
le niveau de vie des habitants. La ville a fait de gros investissements dans
l’éducation et les infrastructures et je suis heureux de dire qu’on en voit les
résultats, avec une augmentation de 12 % d’élèves qui reçoivent leur certificat
d’étude. » Les grands défauts de Rishon : le surpeuplement et le manque de
zones vertes, ce qui devrait s’arranger avec la mise en disponibilité des
terrains de la base de Tzrifin. A l’est, la zone est d’ores et déjà en train de
connaître ce processus d’amélioration. Les plus grands développeurs du pays
sont sur le projet de rénovation. La compagnie Minrav construit des immeubles
de 7, 8 et 9 étages nommés « Minrav la jeune ». Trois de ces sept immeubles de
90 appartements sont achevés et 178 autres logements sont en cours de
construction.
Le directeur des ventes, Haim Maoz explique : « Les ventes sont satisfaisantes.
Nous offrons un projet de qualité avec un accès facile à Tel-Aviv pour des prix
raisonnables. Tous nos appartements disposent de grandes terrasses de 12 à 23
mètres carrés et d’une cave. Un 4 pièces est vendu à 1,7 million, un 5 pièces
avec jardin de 145 m2 se négocie à 2 millions de shekels. Un 5 pièces penthouse
avec terrasse mesurant jusqu’à 125 m2 est affiché à 2,4 millions de shekels. »
Noam Cons de l’agence Anglo-Saxon est très optimiste quant à la partie est de
la ville : « Malgré le fait que la municipalité a augmenté ses investissements
dans la zone, elle est toujours déconsidérée par rapport au reste de la ville.
Par conséquence, les nouveaux projets sont très demandés par les locaux, qui
vivent déjà sur place, mais souhaitent améliorer leur standard de vie. La
demande d’investissement est aussi importante, à cause du réseau routier et des
prix avantageux offerts par le terrain de l’ancienne base militaire. »