Cette fois, c’est
définitif. Jeudi 6 décembre, les partis qui se présentent aux élections
générales ont déposé leurs listes de candidats. Avec ce constat : les
formations de centre-gauche n’ont pas réussi à s’unir, laissant la voie libre
au Premier ministre Binyamin Netanyahou et au Likoud-Beiteinou.
Le parti de la majorité a exprimé sa satisfaction devant cette gauche divisée
et déclaré que « ces jeux d’ego permettront une victoire facile du Likoud ».
Avoda, Yesh Atid, Kadima et le Mouvement de Tzipi Livni se présenteront donc
séparément et se battront pour l’électorat du centre-gauche. Selon les sondages
de fin de semaine, les votes cumulés pour les quatre partis seront légèrement
inférieurs à la liste conjointe de Netanyahou et du ministre des Affaires
étrangères Avigdor Liberman. « Proposer une alternative à Bibi en se présentant
sur une liste commune aurait été la bonne chose à faire », a réagi Livni. «
J’ai offert un véritable partenariat à Shelly Yacimovich (présidente d’Avoda),
mais elle a refusé ».
Une alliance a quand même été conclue, mais ce n’était pas celle que tout le
monde attendait. Le député travailliste Amir Peretz a rejoint Tzipi Livni,
malgré ses promesses répétées de rester à Avoda. Une initiative saluée par
l’ancienne dirigeante de Kadima, qui a affirmé que Peretz savait prendre des
décisions impopulaires lorsqu’il s’agissait de défendre ses convictions, tout
comme il a jadis insisté, en tant que ministre de la Défense, pour développer
le système de défense antimissile Dôme de fer.
De son côté, Peretz a fait le voeu d’attirer certains membres du Likoud issus
de la périphérie. Il a souhaité bonne continuation à ses anciens collègues
travaillistes, mais expliqué que son désaccord permanent avec Yacimovich
l’avait conduit à quitter le parti. « Elle a rejeté la main que je lui tendais
pour des raisons personnelles », a-t-il lancé. « C’est la première fois que je
ressentais une haine injustifiée au sein de ma famille politique et cela fait
mal. Shelly a affirmé que je sabotais les efforts de notre parti pour remplacer
Netanyahou et qu’elle aurait ‘zéro tolérance’ envers moi. C’est un terme que
l’on utilise pour parler des terroristes et des auteurs de violences contre les
femmes. Si c’est comme cela qu’elle me considère, je ne la dérangerai plus ».
Avoda a immédiatement réagi en faisant part de son soulagement, suite au départ
de Peretz. Et assuré que son absence ne ferait que renforcer le parti. Pour le
député Isaac Herzog, qui a battu Peretz pour la seconde place sur la liste
travailliste la semaine précédente, il ne s’agit-là que d’un nouveau record
d’opportunisme politique.
Côté Yesh Atid, Yaïr Lapid estime que le Mouvement de Tzipi Livni se met à
ressembler à un « asile pour loosers politiques » et ne survivrait pas un seul
instant après les élections. Mais pour l’un des porte-parole de la formation
centriste, les membres du parti « livniste» ont bien une chose en commun : des
motivations politiques.
« Nouveau code d’honneur politique »
Peretz a donné sa démission au président
de la Knesset, Reouven Rivlin, jeudi après-midi. Il sera remplacé par l’ancien
député travailliste Yoram Marciano, qui ne s’est pas représenté aux primaires
de fin novembre.
Rivlin a appelé à un nouveau code d’honneur politique qui mettrait fin à la
vague des « chaises musicales parlementaires » (les fréquents changements de
partis par les députés). « Nous devons nous interroger sur notre culture
politique », a-t-il déclaré à Peretz. « De mon temps, l’idéologie passait avant
tout, mais je constate aujourd’hui de nouvelles pratiques qui font froncer les
sourcils à de nombreux Israéliens. Je pense que la prochaine Knesset devra se
pencher sur cette question, à la fois démocratique et constitutionnelle, de
savoir si un candidat aux primaires d’un parti peut immédiatement en rejoindre
un autre ».
La liste de Tzipi Livni a été complétée par l’ancien directeur militaire des
ressources humaines, le général (réserviste) Elazar Stern. A 56 ans, l’officier
a servi dans le corps des parachutistes avant d’être commandant à l’Ecole des
officiers et chef de l’Education militaire. Très influent dans le camp
national-religieux, Stern a affirmé qu’en dépit des déclarations du numéro 2 du
parti, Amram Mitzna, ancien président d’Avoda et général (réserviste) du
commandement central, donnant la formation de Livni pour gauchiste, les
étiquettes politiques n’ont désormais plus d’importance.
Le poste honorifique de la liste est allé à l’industriel Stef Wertheimer.
De son côté, Hatsmaout (Indépendance), parti fondé par Ehoud Barak, a décidé de
ne pas se présenter après le départ annoncé du ministre de la Défense. Selon la
députée Einat Wilf, les membres du parti n’ont plus aucune chance d’être élus
et ont donc décidé de ne pas gâcher l’argent du contribuable, qui sera rendu au
Trésor. Cette décision met un terme à la carrière politique du ministre de
l’Industrie, du Commerce et du Travail, Shalom Simhon, entré à la Knesset pour
la première fois en 1999, de la ministre de l’Agriculture Orit Noked et des
députés Wilf et Shakib Shanan. De l’avis général, Wilf devrait brillamment se
reconvertir dans la diplomatie.
Le naufrage de Kadima ?
L’ancien président de l’Agence juive Zeev Bielski
(Kadima) a également annoncé qu’il ne se représenterait pas aux élections,
jeudi 6 décembre. Il a ainsi rejoint Dalia Itzik, Marina Solodkin, Ronnie
Bar-On et Yaacov Edri, qui ont démissionné mercredi de la formation dirigée par
Shaoul Mofaz. Mais contrairement à Solodkin, qui a démissionné pour protester
contre son placement en 9e position de la liste, Bielski a fait le choix de ne
pas se présenter, après avoir obtenu la 4e place. « On m’a très bien placé »,
a-t-il admis.
« J’aurais pu retourner à la Knesset mais je ne pourrais contribuer comme je
l’entends dans un si petit parti et j’ai donc décidé de laisser ma place à
d’autres. Je suis arrivé au bout du chemin. En tant que formation, nous avons
fait beaucoup d’erreurs qui nous ont conduits là où nous sommes aujourd’hui.
J’ai décidé de faire une pause. Je ne zigzague pas et je ne quitte pas le
navire pour un autre. Mais dans la vie, il faut savoir se retirer. » L’ancienne
députée Kadima, Yulia Shamolov-Berkovich, s’est, quant à elle, trouvé une
nouvelle famille politique : elle représentera le parti Calcala (économie). Un
poste refusé par des stars de la télé-réalité, des rappeurs, des mannequins et
le comique pour enfants Youval Hameboulbal (Youval l’Etourdi).
Au final, 34 partis ont déposé leurs candidatures pour les élections générales.
Le top 20 Likoud-Beiteinou
1. Binyamin Netanyahou (Likoud)
2. Avigdor Liberman
(Israël Beiteinou)
3. Guideon Saar (Likoud)
4. Yaïr Shamir (Israël
Beiteinou)
5. Guilad Erdan (Likoud)
6. Silvan Shalom (Likoud)
7. Ouzi Landau
(Israël Beiteinou)
8. Israël Katz (Likoud)
9. Danny Dannon (Likoud)
10. Sofa
Landver (Israël Beiteinou)
11. Reouven Rivlin (Likoud)
12. Moshé Yaalon
(Likoud)
13. Itzhak Aharonovitch (Israël Beiteinou)
14. Zeev Elkin (Likoud)
15.
Tzipi Hotovely (Likoud)
16. Orly Levy-Abecassis (Israël Beiteinou)
17. Yariv Levin
(Likoud)
18. Yuli Edelstein (Likoud)
19. Faina Kirschenbaum (Israël Beiteinou)
20. Haïm Katz (Likoud)
A noter :
l’absence dans les rangs d’Israël Beiteinou de Danny Ayalon, vice-ministre des
Affaires étrangères, de Stas Misezhnikov, ministre du Tourisme, congédiés sans
aménité par Avigdor Liberman. Quant à Anastasia Michaeli, députée qui avait
fait beaucoup parler d’elle en lançant un verre d’eau au visage du
parlementaire travailliste Raleb Majadele en janvier 2012, elle avait fait le
choix de ne pas concourir, conscience de ses faibles chances d’être bien
placée.