Ramat Gan : Zvi Bar ne se représentera pas aux municipales

Sous le coup d’une enquête, le maire historique de la ville demeure aux commandes pour 3 mois.

P4 BAR JFR 370 (photo credit: DR)
P4 BAR JFR 370
(photo credit: DR)

La fin d’une légende. Zvi Bar est maire de Ramat Gan depuis 24ans. C’est sous son impulsion que la ville, mitoyenne de Tel-Aviv, est devenueun célèbre quartier des affaires. Mais il n’y aura pas de 7e mandat. C’est levisage défait qu’il a annoncé devant la Cour suprême, dimanche 14 juillet,qu’il ne se représentera pas aux élections municipales du 22 octobre. L’élu esten effet sous le coup d’une mise en examen depuis le 31 janvier dernier pourfraude, corruption et blanchiment d’argent. Il aurait reçu près de 2 millionsde shekels de pots-de-vin de la part de promoteurs immobiliers, ce qu’il nie.

Arguant de la présomption d’innocence, l’affaire n’ayant pas encore été jugée,Bar a jusqu’à présent refusé de se retirer.

En juin, Avi Lilian, un membre du conseil municipal de Ramat Gan, a saisi laCour suprême pour forcer la municipalité à le renvoyer. L’instance avait donné21 jours aux parties pour étayer leurs arguments. Le cas souligne en effet unvide législatif. Contrairement aux ministres inculpés, forcés de quitter leursfonctions sur décision de la Knesset, il n’existe pas de précédent pour lesmaires. Se pose alors la question de savoir quel principe, de la présomptiond’innocence ou de l’exemplarité des élus, doit guider les autorités dans pareilcas.

L’affaire est d’autant plus d’actualité que deux autres maires en exercice sontaujourd’hui mis en examen pour corruption : Shlomo Lahiani à Bat Yam et ItzhakRochberger à Ramat Hasharon. Les maires de Hadera, Yahoud, Nazareth Illite etElad font également l’objet d’enquêtes pour motifs similaires.

Choqué par cette série noire, le député travailliste Moshé Mizrahi plancheactuellement sur une loi instaurant la mise en retrait automatique d’un maireou de son adjoint en cas d’enquête à son encontre. Dans le cas de Bar, la Coursuprême ne souhaitait pas rendre un verdict qui servirait de précédent etamputerait le travail législatif. Troublés par la gravité des faits reprochésau dirigeant de Ramat Gan, les magistrats ont cependant tenu à marquer leur désapprobation.Et le président de la Cour, Asher D. Grunis, de déclarer : « Du point de vue dupublic, il est inconcevable que le maire continue d’exercer ses fonctions. Nousrecommandons que vous vous engagiez à ne pas vous représenter à votre propresuccession ». Sur ces entrefaites, Bar a fait savoir par son avocat, Tal Tzur,qu’il acceptait l’avis du tribunal et ne serait pas candidat au prochainscrutin. En échange de quoi, il a obtenu de rester à son poste pour les 3 moisrestants.

L’instance suprême semble s’être rangée à l’avis du procureur général YehoudaWeinstein, qui a lui aussi affirmé que l’élu devait se retirer de la viepublique. Bien qu’il n’y ait pas eu d’arrêté à proprement parler, l’attitudegénérale des magistrats dans le cas de Bar devrait avoir un impact sur lesautres affaires en cours. Reste à savoir si les élections du 22 octobre serontune occasion de faire place nette.