L’Israël du « milieu »

L’atmosphère très agréable de Givatayim en a fait une banlieue attirante pour les classes moyennes.

givatayim 521 (photo credit: courtesy)
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(photo credit: courtesy)
Givatayim est techniquement une « ville », mais, dans les faits,c’est devenu une banlieue pour classes moyennes, à l’est de Tel-Aviv. Située àune rue à peine du centre Azrieli et de la station de train Hashalom, la zoneest « purement » vouée aux foyers avec enfants, ni aisés, ni modestes. Les prixde l’immobilier y sont assez hauts. Ironique n’est-ce pas ? Givatayim a étéfondée dans les années 1920 pour être une périphérie ouvrière de Tel-Aviv. 
Lessyndicats ouvriers y avaient acheté des terres, revendues par la suite auxtravailleurs du Réseau ferré de Palestine, qui y ont construit de petitesmaisons individuelles. Givatayim était un îlot, entouré de Tel-Aviv et RamatGan, et dirigé politiquement par le nouveau parti bourgeois des sionistesgénéraux (Tsionim clalim), ancêtre du Likoud. Givatayim est devenu pendant denombreuses années le terreau des travaillistes et du Mapaï.

La scène immobilière du secteur se caractérise ainsi : – Presque toute la villeest remplie de logements, de parcs et de bâtiments publics, comme des écolespar exemple. Par conséquent, les terrains disponibles à la construction sontquasi inexistants.

– La majorité des immeubles sont résidentiels. On y trouve peu d’industries etencore moins de bureaux. Le peu qui existe est situé à la sortie de la ville.

– Le nombre d’immeubles qui s’inscrivent dans le projet Pinoui Binoui (évacuéet construit) est important, aussi bien que les étages rajoutés aux vieuximmeubles résidentiels.

C’est la seule manière de reconstruire. La plupart des habitations familialesérigées dans les années 1920 et 1930 sur des rues comme Sheinkin, Gilboa,Poalei harakevet et Boroshov ont été détruites pour faire place à de nouveauxdéveloppements. Maintenant, ce sont les constructions des années 1950 et 1960qui font l’objet de démolitions.

Nommons par exemple les rues Hameri et Halamed He.

Rotem Shani est une des compagnies en charge de ces projets. Elle en comptedéjà trois à son actif dans la ville et en développe actuellement deux autres.Afin de donner une idée de l’importance des « Pinoui Binoui » dansl’augmentation des logements à Givatayim, le projet récent de Rotem Shani offreun ordre d’idée : 30 appartements sur 8 étages sont en construction, enremplacement d’un vieil immeuble qui ne comprenait que 3 appartements sur 2étages.

La science du Pinoui Binoui

Yoram Pomerantz, président du mouvement politique «Givatayim la verte » raconte : « Givatayim est une ville où il est trèsplaisant de vivre, mais elle reste vieille et surpeuplée.

Le seul moyen de la rajeunir et de la convertir en cité verte est de détruireles vieux immeubles pour reconstruire à la place de grands bâtiments, seulmoyen aussi de gagner de l’espace pour les places de parkings, un problèmechronique pour la municipalité. » Pomerantz ajoute que la ville a tendance àvieillir. Plus de 25 % de la population a plus de 65 ans. Il pense que lesautorités devraient encourager la construction de logements de petite taille etrelativement bon marché pour attirer les jeunes.

Le maire de la ville, Reouven Ben-Shahar, est très friand des Pinoui Binoui etde Tama 38, mais jusqu’à un certain point. Il explique le but de sonadministration : « Il est vrai qu’en raison du manque critique de terrainsdestinés aux constructions, les Pinoui Binoui et Tama 38 sont presque les seulsmoyens d’augmenter le nombre de logements dans la ville. C’est aussi lameilleure façon d’améliorer l’aspect esthétique de la cité. Tama 38 n’ajoutepas seulement des étages de résidence, il permet aussi la restauration desvieilles façades d’immeubles en ruine. Cependant, les régulations en la matièresont très strictes. Elles préservent l’intérêt des résidents de Givatayim. Nousn’autorisons pas les immeubles très hauts, sauf circonstances exceptionnelles.Nous ne voulons pas une ville bondée de hautes infrastructures.

Cela pourrait détériorer la qualité de vie des citoyens de Givatayim. De plus,nous n’autorisons pas la construction d’appartements de moins de 70 mètrescarrés. C’est le but de notre administration d’améliorer constamment lesinfrastructures physiques et culturelles de la ville : les rues, les routes, lesystème d’égout, etc. La municipalité encourage notamment le développement desactivités culturelles. » Givatayim est très proche de Tel-Aviv à la fois danssa population et dans sa géographie. Mais elle fournit beaucoup d’efforts pourne pas être assimilée au centre métropolitain.

Un immobilier légèrement surcoté 

Dans un passé pas si éloigné que ça, la seulechose que l’on pouvait trouver à Givatayim était des immeubles résidentiels, depetites boutiques qui se contentaient de vendre des biens de premièrenécessité, et des cinémas. Toute autre forme de divertissement se trouvait àTel-Aviv.

Aujourd’hui les choses ont changé. Tel-Aviv est toujours un centre d’emploiimportant, mais Givatayim a vu fleurir des magasins spécialisés, desrestaurants, des cafés et un théâtre.

Résultat : la classe moyenne de la ville a converti le marché immobilier en undes plus inaccessibles du pays. Certes les prix restent moins élevés qu’àJérusalem et à Tel-Aviv, ou d’autres localités comme Savyon, Kfar Shmaryahou etOmer, mais par rapport au reste du pays, le coût moyen de l’immobilier estau-dessus de la moyenne.

En outre, la demande dépasse souvent l’offre. Conclusion : les prix montent enflèche. Ronen Cohen, le patron de l’agence immobilière Shavit Properties,développe : « La demande à Givatayim est conséquente. Givatayim est populaireet prisée. Néanmoins, je ne vois pas les prix augmenter encore car il seraalors très difficile pour les acheteurs potentiels de s’aligner. Ce qui sereflète dans la difficulté de vendre des biens chers dans la ville. A l’époque,les penthouses et les appartements avec terrasses étaient plus demandés. C’estmoins le cas aujourd’hui. » Des 2 pièces de seconde main peuvent coûter de 1,05million à 1,2 million de shekels. Un 3 pièces est vendu entre 1,6 à 1,7 milliontandis qu’un 4 pièces coûte de 2 à 2,5 millions.

Des appartements au dernier étage avec terrasse peuvent atteindre les 3millions et les penthouses 3,5 millions, selon la taille et l’emplacement.