Le meurtre odieux, monstrueux de Gabriel, Arié, Myriam et du rabbin Jonathan, après celui des soldats français Mohamed, Abel et Imad, a atteint la France en son coeur. Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, dès les premiers instants s’est mobilisé. La classe politique française, les dirigeants juifs, chrétiens et musulmans, tous choqués, se sont indignés contre ce terrorisme barbare. Devant cette tragédie nationale, la France, j’en suis fier, s’est montrée unie, exemplaire. Tous les écoliers de France ont observé une minute de silence. Devant ce crime antisémite dirigé contre nos enfants, Israël et la France ont été solidaires. 65 millions de Français sont avec vous. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, était avec les familles Sandler et Monsonego au cimetière Guivat Shaoul. J’accompagnais M. Netanyahou à la shiva. Cette communion de nos deux peuples, un autre symbole l’illustre : la Marseillaise et Hatikva, chantées ensemble jeudi dernier sur une place de Tel Aviv. Je voudrais aussi saluer l’action des forces de l’ordre. L’assassin a été identifié puis encerclé quelques heures après l’attentat. Nous lui avons laissé pas moins de 33 heures pour se rendre car, pour que justice soit faite, nous voulions l’arrêter vivant. Il s’y est refusé et son père voudrait avec une impudence rare nous en faire le procès... Comme l’a rappelé le Président de la République, comme le dit si bien Samuel Sandler, le père de Jonathan, avec une dignité qui nous a tous bouleversés, cette barbarie ne doit pas nous conduire dans l’émotion, combien légitime, à céder à la vengeance. La haine ne peut pas gagner, la France ne le permettra pas. Il y a, en France, des antisémites mais la France n’est pas un pays antisémite. Selon les chiffres donnés par la communauté juive, le nombre d’actes antisémites en France était même en 2011 le plus bas depuis dix ans. C’est là le résultat d’une lutte sans merci menée par la police, la justice, l’école, pour mobiliser l’opinion publique contre ce fléau. La radicalisation djihadiste du terroriste est aux antipodes des valeurs de l’Islam en France. L’immense majorité des musulmans de France sont intégrés à notre société. Un sondage américain montrait que les musulmans de France se définissent comme Français avant de se dire musulmans et que 71 % d’entre eux ont une vision positive du judaïsme. Deux des victimes de Mohamed Merah étaient de jeunes militaires français musulmans, qui comme des milliers de leurs coreligionnaires, avaient risqué leur vie pour combattre en Afghanistan les terroristes talibans. Voilà le vrai visage de l’Islam en France. Myriam, Arié, Gabriel et Jonathan seront toujours avec nous. La France et Israël pleurent ensemble leurs morts. La France et Israël combattent aussi ensemble l’antisémitisme et le terrorisme. Au nom de ces valeurs communes qui sont si chères à nos deux démocraties.