Les tarifs de l’électricité ont encore augmenté au 1er avril 7,79shekels. C’est désormais le prix d’un litre d’essence en Israël en self-service (voire 8 shekels dans les stations qui assurent le service). Pour la troisième fois cette année, le Premier ministre Binyamin Netanyahou est intervenu, samedi 31 mars, pour réduire la hausse prévue du prix. De 20 agourot, fixées initialement, le litre a seulement augmenté de 5 agourot. En janvier et février, le chef du gouvernement avait déjà clamé la flambée du prix de l’essence, fixant la taxe à 65 agourot par litre. Selon un communiqué du bureau du Premier ministre, ce manque à gagner sera compensé par des mesures “d’efficacité” budgétaires, appliquées dans tous les ministères. Le plan prévoit une réduction du personnel gouvernemental d’environ 2 % : certains départs à la retraite ne seront pas remplacés. Une décision prise de concert avec le ministre des Finances, Youval Steinitz. Ce dernier a déclaré, selon un communiqué officiel, que le projet permettait de soutenir les contribuables sans entraver l’économie. Mais lors de l’émission politique Rencontre avec la presse sur la deuxième chaîne israélienne, Steinitz a relié la hausse de l’essence à la situation diplomatique face à l’Iran. “Les prix du carburant ont augmenté dans le monde entier du fait des sanctions contre l’Iran”, a affirmé le ministre. “Je suis sûr que les Israéliens préfèrent payer davantage pour l’essence que de subir la menace nucléaire iranienne”. Selon les statistiques du gouvernement, même après la hausse des prix, l’essence reste moins chère en Israël qu’aux Pays-Bas (9,22 shekels/litre), en Angleterre (8,46 shekels/litre) et en Norvège (10,19 shekels/litre). Le salaire moyen des habitants de ces pays reste toutefois largement supérieur à celui des résidents de l’Etat hébreu. Aux Etats-Unis, l’essence coûte en moyenne 3,91 shekels par litre. Si l’essence a moins augmenté que prévu, le prix de l’électricité de son côté, a fait un bond de 8,3 %, le 1er avril. De quoi faire sérieusement grimper le coût de la climatisation cet été. Le parlementaire Isaac Herzog a blâmé le Premier ministre pour son intervention de dernière minute, samedi soir. Et d’ajouter que cette mesure ne saurait détourner l’attention des échecs sociaux du gouvernement. “Les zigzags de Binyamin Netanyahou ne masqueront pas son échec le plus retentissant : élargir les disparités sociales et resserrer l’étau économique autour des citoyens israéliens”, a écrit Herzog sur sa page Facebook. “Ses tours de passepasse économiques sont arrogants et hypocrites”.